Chanter le Christ – Méditations de l’Avent (3)

christmas lights 3Toujours sur le thème des « chants des exilés », voici la troisième méditation de l’Avent, proposée par Katie Badie, pasteur de l’UEEL et responsable du service biblique de la Fédération Protestante de France. 

 

 

Avec joie, 12 rendez grâce au Père qui vous a rendus capables d’accéder à la part d’héritage des saints dans la lumière. 13 Il nous a délivrés de l’autorité des ténèbres pour nous transporter dans le royaume de son Fils bien-aimé, 14 en qui nous avons la rédemption, le pardon des péchés.
15 Il est l’image du Dieu invisible,
le premier-né de toute création ;
16 car c’est en lui que tout a été créé
dans les cieux et sur la terre,
le visible et l’invisible,
trônes, seigneuries,
principats, autorités ;
tout a été créé par lui et pour lui ;
17 lui, il est avant tout,
et c’est en lui que tout se tient ;
18 lui, il est la tête du corps — qui est l’Eglise.
Il est le commencement,
le premier-né d’entre les morts,
afin d’être en tout le premier.
19 Car il a plu à Dieu de faire habiter en lui toute plénitude
20 et, par lui, de tout réconcilier avec lui-même,
aussi bien ce qui est sur la terre que
ce qui est dans les cieux,
en faisant la paix par lui,
par le sang de sa croix.

Colossiens 1.12-20 (NBS)

Pour les chrétiens, l’Avent est un temps pour chanter. Les brutalités, les perplexités et les déceptions de l’actualité rendront plus discrète la musique des cantiques cette année, mais les chrétiens continueront de chanter la venue de leur Sauveur et leur Espérance, sur les routes d’un monde désemparé.

Ecoutons nos cantiques de Noël ! Que chanterons-nous ? Non seulement l’événement de la naissance du Christ adulte, mais aussi le mystère de l’identité du bébé couché dans la mangeoire. Nos cantiques proclament : « Le Fils de Dieu, le roi de gloire, a voulu naître parmi nous » !

Voici un tel chant, pièce maîtresse de la lettre aux Colossiens. Hymne (ou credo) déjà en circulation ou composé par Paul, il chante la gloire d’un homme quasi contemporain des chrétiens de Colosse. Ce ne sont pas les siècles qui ont brossé progressivement ce portrait du Fils, image du Dieu invisible : c’est Jésus, né dans une étable à Bethléem, empruntant les routes de la Galilée, mort sous Ponce Pilate et apparu vivant à ses disciples, qui inspire directement cette confession de foi sublime – c’est Jésus, mort et ressuscité, qui est le commencement, le centre et l’accomplissement de l’univers tout entier.

Pour trouver les mots adéquats, l’auteur a puisé à plusieurs sources, notamment à celle des livres de Sagesse de l’Ancien Testament, mais il fait écho aussi aux aspirations des philosophes et mystiques païens à un principe universel. C’est un cantique à deux strophes qui se répondent :
Lui qui est l’image du Dieu invisible / lui qui est le commencement,
Le premier-né de toute création / le premier-né d’entre les morts,
Car c’est en lui que toute a été créé/ car il a plu à Dieu…en lui, de tout réconcilier avec lui-même.
(avec un petit refrain de transition : Lui, il est avant tout, et c’est en lui que tout se tient/ Lui, il est la tête du corps qui est l’Eglise). Le Fils est l’auteur, le médiateur et le bénéficiaire et de la création et de la réconciliation de tout ce qui existe, sur la terre et dans les cieux.

Voyons-nous en le bébé fragile et pauvre que Marie tenait dans ses bras ce Christ cosmique ? C’est pourtant ce que dit ce chant, car il a plu à Dieu de faire habiter en lui toute la plénitude.

Nous sommes plus que jamais confrontés à des crises et des défis qui se présentent à l’échelle planétaire et qui ne peuvent se régler que par des coopérations et collaborations internationales difficiles – la COP21 face aux dérèglements climatiques en est l’illustration qui s’est imposée à nous ces derniers jours.

Celui que les chrétiens chantent est le créateur et rédempteur de la planète, des gouvernements humains et spirituels, et de tous les êtres ! La sagesse, la plénitude et la réconciliation sont en lui ; il est venu pour faire la paix sur la terre et dans les cieux. Enfants de son royaume, oserons-nous le chanter ce Noël, comme un chant d’espérance et d’engagement pour la planète et pour l’humanité ? Oui, dans le respect des humains endeuillés et désorientés, chantons le Christ cosmique, le devenir l’univers !

À propos Katie Badie

Katie Badie, pasteur de l'UEEL, est responsable du service biblique de la Fédération Protestante de France

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