Dancing in Jaffa – documentaire de Hilla Médalia – sortie 2 avril 2014

Dancing-in-Jaffa_portrait_w858Ce joli film vaut d’être vu parce qu’il exprime une réalité positive, pour une fois, sans être niais ou utopiste ; et parce qu’il propose une approche originale du thème de la réconciliation de communautés ennemies.

Pierre Dulaine, monsieur très élégant, un peu vieille France, est un danseur de salon, qui fut quatre fois champion du monde. Né à Jaffa, en 1944, d’une mère palestinienne et d’un père irlandais, il a dû en partir avec sa famille à l’âge de quatre ans, à cause de la guerre de 1948 qui a chassé les Palestiniens de leur terre pour permettre la création de l’État d’Israël. Devenu professeur de danse, il a enseigné pendant trente ans aux Etats-Unis, avec une passion égale. Ses « Dancing Classrooms », initiées en 1994, ont accueilli, au fil du temps, un nombre croissant d’élèves issus de tous milieux sociaux.

Mais le rêve de toute sa vie était, un jour, d’œuvrer en direction des enfants issus de sa communauté d’origine. Sa façon de le faire : faire danser ensemble des enfants palestiniens et israéliens, mettant ainsi à l’épreuve les croyances des familles et des enfants. Il arrive donc à Jaffa et arrive à convaincre cinq écoles – juives, arabes et une mixte – d’introduire des cours de danse de salon dans le programme de leurs élèves, et de participer à un championnat au bout de quelques semaines.

Les tensions sont vives entre les deux communautés, et les enfants les ont malheureusement très bien intégrées. Le combat mené par Pierre est aussi prenant qu’une fiction. De leçon en leçon, entrecoupées de rencontres avec tel ou tel enfant, juif ou arabe, et de petits cartouches sur la situation politique et sociale de la ville, nous voyons comment les réticences s’expriment, puis s’inclinent devant la gentillesse et l’enthousiasme du professeur. Ce n’est pas rien d’arriver à faire danser garçons et filles ensemble quand la religion est censée l’interdire ! Et le tango, la valse ou la samba peuvent paraître un peu désuets pour des enfants de 10, 12 ans ! Mais la transformation progressive des attitudes et la joie des enfants sélectionnés pour participer au championnat final sont de beaux témoignages de ce que peut accomplir un rêve de rapprochement concret, et l’envie d’ouvrir à des enfants une autre perspective que celle de la haine.

 

À propos Mireille Boissonnat

Mireille Boissonnat est membre de l’EEL de Paris-Alésia.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

error: Content is protected !!