Dieu, l’écologie et moi – Dave Bookless – Dossier Vivre n°37 – Excelsis

1L’auteur, Dave Bookless, est le directeur théologique de A Rocha International, organisation chrétienne qui développe des projets pour la conservation de la nature en Europe, au Proche-Orient, en Afrique, en Amérique du Nord et du Sud, en Asie et en Océanie. Ceux-ci ont fréquemment un caractère pluriculturel et mettent l’accent sur la dimension communautaire, avec un objectif centré sur les thèmes de la recherche scientifique, les travaux de conservation, et l’éducation à l’environnement.

Dave Bookless ne propose pas moins ici que de revisiter l’histoire du salut, non point d’un point de vue strictement anthropocentrique, mais en y incluant systématiquement la perspective de toutes les créatures. Cinq chapitres reprennent donc le scénario de la création, la chute, le lien à la terre et au pays du peuple élu représentant l’humanité, la rédemption en Jésus-Christ et la perspective de la nouvelle création. Dieu n’a pas créé que l’homme, le péché n’a pas affecté que l’humanité, l’être humain ne se définit pas par sa seule relation à Dieu et à son prochain, le salut ne concerne pas la seule créature humaine, la création enfin régénérée se déploiera sur terre comme au ciel.

Un grand souffle de conviction parcourt cet ouvrage. Et les quatre chapitres suivants qui en viennent à des conséquences concrètes de pareilles convictions, dans la vie du disciple, dans sa célébration du créateur, dans ses choix de vie, dans ses engagements, montrent l’incarnation possible de ces fondements bibliques et théologiques.

Un appendice intéressant (Les « pourquoi » de la planète) liste des questions souvent rencontrées par l’auteur de la part de sceptiques, voire de doctrinaires opposés à cette insistance sur les questions environnementales. Les propositions de réponses sont pleines de bon sens et donnent matière à réflexion pour nous faire (re)découvrir le mandat holistique que Dieu nous confie pour la création.

Pour vous faire goûter l’ouvrage, quelques phrases que j’ai appréciées :

« Vous ne trouverez pas un seul texte du NT qui parle de ‘sauver des âmes’ !… Nous ne sommes pas le seul intérêt de l’amour créateur et rédempteur de Dieu… Nous devons traiter la création avec un immense respect, comme une expression du caractère de Dieu et comme la propriété de Jésus… Les chrétiens se sont révélés tellement branchés sur un autre monde qu’ils sont devenus d’aucune utilité pour cette terre !…  L’œuvre salvatrice de Jésus a des implications littéralement cosmiques… Genèse 6 à 9 souligne que la création n’est pas juste la toile de fond de la relation de Dieu avec les hommes… ‘Le Royaume de Dieu est la création guérie’ (Hans Küng)… Dieu juge afin de permettre un nouveau commencement, et non afin de tout anéantir… C’est au cœur de la création que nous trouvons le vrai sens du temps de Dieu… Nous devrions pleurer avec l’Esprit de Dieu en entendant les soupirs de la création et implorer sa miséricorde… La Bonne Nouvelle ne consiste-t-elle qu’à échapper au monde ambiant et à rêver du ciel ? »

Dommage que le titre n’ait pas été mieux choisi… mais voici une lecture originale, et qui pourrait nourrir la réflexion des Églises si elles veulent bien s’engager dans un travail sur, et peut-être une remise en cause de, leurs façons d’envisager leur responsabilité dans le domaine environnemental. Dans la perspective de « Paris Climat 2015 », ceci paraît tout à fait d’actualité !

 

À propos Mireille Boissonnat

Mireille Boissonnat est membre de l’EEL de Paris-Alésia.

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