Immédiateté de l’information : entre prudence et opportunité. L’exemple de la crise irakienne.

4186819Internet est devenu depuis un certain temps déjà ma source principale d’information. Je ne regarde plus le journal de 20h depuis des années, il m’arrive parfois de regarder les chaînes d’information continue ou d’écouter les informations à la radio. Par contre, je lis régulièrement la presse en ligne et je suis presque constamment connecté à facebook et twitter.

Or, dans la crise humanitaire terrible qui touche le nord de l’Irak, avec les exactions intolérables des djihadistes, j’ai justement été frappé par le rôle joué par les réseaux sociaux. Sur ce sujet, l’information y était bien plus précoces que sur les médias traditionnels. Très vite des voix se sont élevées d’ailleurs pour dénoncer le silence des médias mainstream sur la situation intolérable des minorités religieuses au nord de l’Irak. Lorsque l’ONU s’est saisie du dossier et que les Etats-Unis ont effectué des frappes aériennes, tout le monde étaient au courant. Mais au début de l’été, ce n’était pas du tout le cas. Cet épisode tragique n’est du reste pas le premier exemple du pouvoir de mobilisation des réseaux sociaux, et c’est sans doute là un des points positifs de ces nouveaux médias.

Avec Internet, notre rapport à l’information a beaucoup changé. On est plus que jamais dans l’immédiateté, avec les dangers qui y sont liés, notamment quant à la fiabilité des informations transmises ou des images utilisées. Il y en a d’ailleurs eu des exemples aussi dans la crise irakienne et probablement plus encore dans le conflit israélo-palestinien… C’est là sans doute le revers de la médaille. Plus que jamais, nous ne pouvons nous contenter d’être de simples consommateurs de l’information. L’exercice du discernement et la prudence s’imposent, surtout lorsque d’un seul clic on peut relayer l’information à tout son réseau.

L’Evangile a une exigence de vérité qui ne va pas forcément de pair avec l’immédiateté, qui agit plus sur l’affectif que le rationnel. Il faut sans doute être vigilant. Mais rejeter en bloc les nouveaux médias, en particulier les réseaux sociaux, serait jeter le bébé avec l’eau du bain. Ne sont-ils pas une chance de mobilisation à une échelle inédite, une occasion de solidarité nouvelle ? D’autant que la connexion virtuelle peut devenir spirituelle lorsqu’elle débouche sur la prière. Nos frères et soeurs en Irak, et ailleurs dans le monde, persécutés à cause de leur foi, en ont bien besoin.

Vincent Miéville

À propos Vincent Miéville

Vincent Miéville est pasteur de l’EEL de Toulouse et président de la commission synodale de l’UEEL.

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