Jimmy’s Hall – un film de Ken Loach

Jimmys-Hall-Poster

Sorti début juillet, voici peut-être le dernier film de Ken Loach puisqu’il parle de prendre sa retraite désormais… Si c’était le cas, il laisse un témoignage tout en finesse, animé comme toujours par sa dénonciation des forces aliénantes de la société évoquée. Ici l’Irlande (du Sud) des années trente, jeune pays sorti indépendant de la guerre civile, mais verrouillé à la fois par l’IRA et la toute-puissante Église catholique.

Le héros, Jimmy Gralton (interprété par Barry Ward), communiste, a dû s’exiler aux États-Unis, et revient, après dix ans passés à Broadway, aider sa mère, restée seule pour s’occuper de la ferme familiale. Il va céder aux instances des jeunes de son village, et rouvrir le foyer qui se trouve sur ses terres, où vont reprendre bals, cours et échanges de toutes sortes. Mais cet espace de liberté, et l’influence retrouvée des idées progressistes de Jimmy, ne sont pas du tout du goût des pouvoirs locaux. Le curé – le père Sheridan extrêmement bien campé par Tim Norton – y voit un lieu de perdition, les propriétaires terriens et membres de l’IRA un dangereux nid de communistes.

Quelle que soit l’issue de cette confrontation, le film doit sa valeur à l’évocation d’une communauté qui ne se résout pas à l’immobilisme et l’étroitesse d’esprit. De magnifiques scènes dans le « hall » nous la montrent forte de sa solidarité et de sa lutte pour la connaissance et l’ouverture. Face à elle, le réalisateur dénonce le pharisaïsme de l’Église, et la veulerie de ceux qui ont enfin accédé au pouvoir. Mais le tout demeure très pudique, y compris la romance inaccomplie entre Jimmy et l’amour de sa vie, la belle Oonagh (interprétée par Simone Kirby) dont l’exil l’a séparé et qu’il retrouve mariée et mère de famille à son retour. Les paysages de cette Irlande rurale et âpre sont superbes, la musique est joyeuse, le propos est engagé, un peu manichéen peut-être, mais ce qui reste une fois l’écran éteint, est un message de fraternité et de courage qui l’emporte sur le pessimisme. Un beau film inspirant !  

L’auteur:

Mireille Boissonnat est membre de l’EEL de Paris-Alésia.

À propos Mireille Boissonnat

Mireille Boissonnat est membre de l’EEL de Paris-Alésia.

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