« La création exige de l’effort et c’est aussi une évolution spirituelle ». Rencontre avec Pat Berning

IMG_6709-1Dimanche soir, Pat Berning foulera les planches de la deuxième édition du Festival « Alès en Ciel« . L’occasion pour PLVmagazine de parler avec lui de son dernier album, mais aussi de sa vision de la musique d’église aujourd’hui. Rencontre avec le plus français des Sud-Africains!

Bonjour Pat…Alors pour nos lecteurs, si nous commencions par une courte présentation: Pat Berning, c’est combien d’albums sur combien d’années, combien de concerts, combien de kilomètres parcourus, de pays visités, de cordes cassées, de cafés consommés… ?

De 1975 à 1988 en Afrique du Sud (mon pays d’origine): 6 albums et compilations. De 1989 à aujourdhui: 8 albums en France et en franç Je chante principalement dans l’Hexagone mais, avec des amis musiciens nous avons visité la Suisse, la Belgique, le Québec, La Réunion, la Martinique et plusieurs pays africains. Par contre, peu de cordes cassées et pas plus de café

Je dois humblement avouer que si votre nom m’était familier, c’est avec cet album que je découvre votre musique. Et cet album m’a surpris par sa tonalité. D’où vous est venue l’inspiration?

Ce dernier album, comme les autres, est un reflet de mon identité française d’origine sud-africaine. L’accent est sans doute plus porté sur la partie francophone et les chants tournent autour du fait que même dans les temps de souffrance, de doutes, Dieu nous donne des raisons et la force de chanter, de le louer.

Vous parlez dans les notes de l’album de la condition des chrétiens dans le monde, mais la plupart des textes (« image innée» par exemple) sont profondément personnels, il y a beaucoup de Pat dans ces chansons ?

Il y a forcément une empreinte personnelle dans mes compositions mais je n’aime pas chanter de moi-mê Les chants parlent plutôt de Jésus, de sa personne et de son œuvre en nous. De l’espérance que Dieu nous donne.

La création exige de l’effort et c’est une évolution spirituelle aussi.

 Pensez-vous que ces « Chants dans la nuit» constituent une bonne introduction à votre univers ? Les artistes aiment parler de leur dernier travail comme de leur meilleur, « Chants dans la nuit » est-il le meilleur album de Pat Berning ?

L’album est une bonne introduction et c’est le plus abouti en ce qui concerne mon travail avec mes amis musiciens qui m’accompagnent maintenant depuis des anné Les premiers albums étaient enregistrés avec beaucoup plus de musiciens de studio en Afrique du Sud, certains même que je n’avais jamais rencontrés! Mais cette fois nous avons vraiment travaillé en équipe pour la majorité des chants.

Vous êtes entouré de musiciens talentueux et ça s’entend! Typiquement, l’enregistrement d’un album de Pat Berning, ça se passe comment? Chacun peut apporter sa touche à vos compositions ou vous savez dès le départ très clairement ce que vous attendez ?

J’ai énormément de plaisir à apprendre la langue française et à composer des textes en français mais j’ai toujours besoin de retour des amis autochtones sur mon travail. Sur la musique je suis aussi ouvert à des idées et des changements.

 L’album est sorti depuis un petit moment déjà. Financé via Kisskissbankbank, comment a-t-il été reçu? Cette manière de procéder provoque-t-elle un stress supplémentaire (contrepartie d’une liberté totale) ?

Nous avions comme but de réunir environ un tiers du budget de l’album via le financement participatif et la réaction des gens a été très positive. Le but a été atteint et nous sommes reconnaissants pour cet encouragement. Ce n’était pas stressant.

Vous chantez depuis longtemps maintenant, comment avez-vous vu évoluer votre « carrière/ministère», en un mot, c’était plus facile avant ?

Pour moi c’est plus facile aujourdhui! Notamment pour tout ce qui concerne la partie logistique ! Je suis très bien entouré et l’organisation de notre équipe me donne la joie de pouvoir me concentrer sur les compositions. Artistiquement ça n’a jamais été facile car la création exige de l’effort et c’est une évolution spirituelle aussi.

La culture, comme la langue fait ce quelle veut et on ne peut pas légiférer sur ce processus.

 Quel regard portez-vous sur la musique chrétienne en France aujourd’hui ? Et sur le chant d’Église ? Je pose cette question parce que vous faites de la « world music » et j’ai l’impression qu’on tend de plus en plus à une uniformisation de la louange, à savoir un style pop-rock anglo-saxon, en négligeant à la fois la richesse de l’hymnologie classique et la composition multiculturelle de nos assemblées. Pensez-vous qu’inconsciemment, nous avons peur d’incorporer des éléments qui sortent de notre tradition ?

Cest vrai que cest dommage de perdre des éléments de notre culture dans l’évolution de nos sociétés, mais cest inévitable. La culture, comme la langue fait ce quelle veut et on ne peut pas légiférer sur ce processus. Ce qui est important, à mon avis, cest de rester soi-même, de trouver sa façon de sexprimer, de dire et de faire au mieux en tenant bien compte de la tradition, de la théologie, de la poésie, tout autant que du contexte contemporain.

Quels sont les artistes qui vous ont, qui continuent à vous influencer?

Bruce Cockburn, Paul Simon, Sting, James Taylor et tant d’autres

 

« Si c’était à refaire» ? les derniers mots sont pour vous …

J’aurais simplement voulu mieux faire!

Pour plus d’informations:

www.patberning.com
www.berning-art.com

Et Pour un projet de concert

Contact  : Olivier Darricades: tel : 068450652 / mail : olivierdarricades@hotmail.fr

À propos Jérémie Chamard

Jérémie Chamard est pasteur de l'EEL de Bouffémont.

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