La douceur

Avant-dernière contribution sur le fruit de l’Esprit (Galates 5:22)

La douceur, composante du fruit de l’Esprit (Galates 5:22), se trouve illustrée quelques phrases plus loin dans les instructions de Paul aux Galates : « Mes frères, si quelqu’un vient à être surpris dans une faute… vous les spirituels, aidez-le à se rétablir avec un esprit de douceur » (Galates 6:1). La douceur est associée à une démarche de discipline fraternelle entreprise par « les spirituels », titre quelque peu piquant pour ceux qui pourraient se croire investis d’une autorité dans la communauté, responsables officiels ou autoproclamés. Les responsables dignes du Christ sont « spirituels » et agissent alors avec douceur. La douceur, précise la suite, trouve sa source dans la conscience de sa propre fragilité : « Prends garde à toi-même, de peur que, toi aussi, tu ne sois mis à l’épreuve » (6:2). La douceur vient de l’humilité de celui ou celle qui se trouve en état de « juger » l’autre, jusqu’à sentir tout proche sa propre humanité et sa propre chute. C’est alors une main tendue de naufragé sur un bout de bois à un autre naufragé à la dérive. Le contraire de la douceur est la dureté ou la sévérité envers la faiblesse de son frère qui provient d’un sentiment de supériorité intrinsèque (spirituelle ?) à son égard.

La douceur (..) trouve sa source dans la conscience de sa propre fragilité : « Prends garde à toi-même, de peur que, toi aussi, tu ne sois mis à l’épreuve » (Gal 6:2)

Dans la Bible

La douceur comme manière de vivre l’autorité fraternelle, avec patience, l’humilité, humanité et compréhension, ne devrait pas nous surprendre : c’est une qualité souvent recommandée aux responsables d’Église (1 Tm 3:3, 6:11, 2 Tm 2:25, Tt 3:2 cf. 1 Co 4:21). Paul rappelle aux Thessaloniciens : « …alors que nous aurions pu nous imposer, en qualité d’apôtres du Christ. Au contraire, nous avons été au milieu de vous pleins de douceur, comme une mère réchauffe sur son sein les enfants qu’elle nourrit » (1 Th 2:7 – TOB). Enfin, comment ne pas évoquer la douceur du Christ (2 Co 10:1), qui dit « Venez à moi, vous tous qui peinez sous la charge ; moi, je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et laissez-vous instruire par moi, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos » (Mt 11:29-30 – NBS) ?

Les « doux » sont le contraire des puissants et des belliqueux, qui abusent de leur pouvoir, qui s’agitent et qui attirent l’attention sur eux. Selon les Béatitudes, « Heureux ceux qui sont doux, car ils hériteront la terre » (Mt 5:5). En effet, les « doux » sont les affligés qui ne cherchent pas la vengeance et qui attendent l’intervention de Dieu ; selon le Psaume 37, ce sont les justes, les pauvres et ceux qui espèrent en Dieu, sans se fâcher contre le mauvais, qui « possèderont le pays ».

Doux est le souvenir de Jésus, Qui donne les vraies joies du cœur

Dans la vie

La douceur est alors une qualité de l’« homme nouveau » en Christ : « Vous faites partie du peuple de Dieu ; Dieu vous a choisis et il vous aime. C’est pourquoi vous devez vous revêtir d’affectueuse bonté, de bienveillance, d’humilité, de douceur et de patience » (Col 3:12 – BFC). Selon le livre des Proverbes, la douceur se ressent et se répand par la sagesse de la parole : « Des paroles aimables sont un rayon de miel ; c’est doux au palais, salutaire au corps » (Pr 16:24 – TOB), ce qui n’est pas sans rappeler la Parole de Dieu que loue le psalmiste : « Que tes paroles sont douces à ma bouche, plus que le miel à mon palais ! » (Ps 119:103 – NBS) ou qu’a goûtée le prophète Ézéchiel (Ez 3:3).

Mais plus que le miel et toutes choses, Est sa douce présence…

Par l’Esprit

La douceur est une qualité fragile – combien vite la tendance à l’agressivité, à l’agitation, à la dureté, à la parole méchante s’empare de nous. C’est pourquoi nous avons besoin de l’Esprit pour reproduire en nous la douceur du Christ. Bernard de Clairvaux, vivant lui aussi à une époque troublée, a écrit une hymne qui célèbre la douceur de Jésus, Jesu dulcis memoria, dont voici deux strophes : « Doux est le souvenir de Jésus, Qui donne les vraies joies du cœur, Mais plus que le miel et toutes choses, Est sa douce présence… Reste avec nous, Seigneur, Et éclaire-nous par la lumière, Repousse l’obscurité de l’esprit, Emplis le monde de ta douceur ». Texte latin: Bernard de Clairvaux, 1090-1153, traduction Yves Keler.

À propos Katie Badie

Katie Badie, pasteur de l'UEEL, est responsable du service biblique de la Fédération Protestante de France

Un commentaire

  1. Merci pour cette belle exhortation à la douceur, dont nous avons tant besoin dans nos relations!
    Le texte de Bernard de Clairvaux aussi est beau, mais je ne suis pas sûre que lui-même soit un modèle de douceur…

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