La joie

joyDeuxième aspect du fruit de l’Esprit : une invitation que nous avons besoin de réentendre

La joie est une émotion agréable ou un sentiment de satisfaction spirituelle profonde, plus ou moins durable, qui emplit la totalité de la conscience. On la ressent plus particulièrement lors de certains événements, comme une rencontre ou en recevant un cadeau. Celui qui crée quelque chose en éprouve de la joie ; l’artiste, l’artisan sont heureux tout comme les parents qui éprouvent de la joie en donnant la vie à un enfant. La joie est  liée à une conscience en paix. Elle se rapproche de ce qui forme le bonheur. Elle se distingue des satisfactions liées au corps (les plaisirs), qui n’affectent qu’une partie de la conscience. Il n’y a pas de petite joie, la joie est totale ou elle n’est pas vraiment la joie. On dit que la joie remplit le cœur.

La joie chrétienne

Elle est toujours liée à la présence du Seigneur (Philippiens 3:1), à la réconciliation entre Dieu et les hommes (Luc 15:6 et 23), à la réconciliation entre l’homme et son prochain, entre l’humanité et la création : tu me réjouis par tes œuvres  (Psaume 92:5). Entrer dans le Royaume de Dieu, c’est entrer dans la joie (Matthieu 25.21). La joie chrétienne n’est pas éphémère, elle est dans le cœur du chrétien aussi longtemps qu’il est habité par l’Esprit de Dieu. La joie est cosmique, elle est présente sur la terre et dans le ciel. Elle est la marque des relations entre la terre et le ciel, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament (Esaïe 62:5 et Luc 15:10). La joie est individuelle (Psaume 122:1), ou communautaire (Romains 12:15).

Le message de Jésus est un message de joie avec cette parole extraordinairement forte, sorte de reproche affectueux de Jésus à ses disciples : si vous m’aimiez vous vous réjouiriez… (Jean 14:28)

 

L’Évangile invite à la joie : lors de la visite de Marie à Élisabeth, Jean tressaille de joie dans le sein de sa mère (Luc 1:41). Dans son cantique, Marie proclame : « Mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur » (Luc 1:47). L’annonce des anges aux bergers est une invitation à la joie. Le ministère des disciples est source de joie pour eux-mêmes et pour Jésus (Luc 10:17 et 21). L’entrée à Jérusalem provoque une explosion de joie dans la foule (Luc 19:37). Le message de Jésus est un message de joie avec cette parole extraordinairement forte, sorte de reproche affectueux de Jésus à ses disciples : si vous m’aimiez vous vous réjouiriez… (Jean 14:28). Les amis de l’époux ne peuvent que se réjouir quand il est là (Matthieu 9:15). Quand il est appelé à entrer dans l’intimité de son maître, le chrétien est invité à entrer dans la joie de son maître.

L’Église naissante sera marquée par la joie, joie dans la communion fraternelle, dans la communion avec le Seigneur (Actes 2:46), joie du témoignage, même dans l’adversité (Actes 13:52).

La joie chrétienne n’est pas incompatible avec les souffrances, elle est même confortée par les souffrances endurées à cause de Jésus, non par une sorte d’héroïsme ou de masochisme, mais parce que ces souffrances annoncent l’heure de la victoire définitive de Jésus-Christ, c’est-à-dire la réalisation de l’attente la plus profonde du chrétien (Matthieu 5:10, Actes 5:41 et 16:25).

Peut-on fabriquer de la joie ?

Y aurait-il de bonnes méthodes pour créer de la joie dans l’Église ou dans la vie personnelle ? On peut créer une ambiance, on peut trouver des sujets de contentement, mais ces formes de joie sont éphémères. Même le travail ne procure qu’une joie éphémère (Luc 10:20). Elle est donnée, elle est un don de l’Esprit. Ce n’est pas la joie qui est à rechercher, mais la présence du Seigneur, par l’Esprit. Elle naît, grandit et s’affermit quand la foi progresse (1 Thessaloniciens 2:19 ou Philippiens 2:2)

On peut créer une ambiance, on peut trouver des sujets de contentement, mais ces formes de joie sont éphémères. [..] Elle est donnée, elle est un don de l’Esprit

La promesse de Jésus c’est : je vous donne ma joie, et je veux que votre joie soit parfaite (Jean 15:11). Par ailleurs, Jésus dit qu’il ne la donne pas comme le monde la donne, mais qu’elle est une tristesse changée (Jean 16:20) : la joie du pardon naît du péché pardonné, la joie de la consolation naît de l’espérance malgré le deuil.

Un gadget ?

La joie est-elle un petit surplus accordé aux plus optimistes ou aux plus méritants des chrétiens ? Non, elle est une composante essentielle de la vie chrétienne. Toutes les zones de notre vie que nous fermons à la joie, nous les fermons en vérité à la grâce, à la présence du Seigneur.

Jésus nous appelle à nous réjouir avec lui. Nous sommes naturellement plus portés à nous attrister avec nos amis dans la peine, qu’à nous réjouir de leur bonheur, de leur réussite, de leur retour. C’est le péché du fils aîné qui refuse de se réjouir avec son père et avec son frère. Son manque de joie révèle un manque d’amour. On parle toujours avec raison, de l’amour de Dieu, mais on devrait aussi parler de la joie de Dieu, et nous devrions être attentifs à l’appel du Seigneur à nous réjouir avec lui.

Doit-on cacher sa joie ?

Parfois, en considérant toutes les injustices, les souffrances du monde, il paraît indécent de parler de joie. Il ne s’agit pas d’afficher un bonheur égoïste comme un reproche à ceux qui souffrent, mais d’offrir un visage, un cœur, des mains remplis des la joie du Seigneur, et cette attitude n’a jamais d’effets négatifs, bien au contraire.

 

Retrouvez les premières études de cette série:

Introduction

Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour…

À propos Daniel Poujol

Daniel Poujol, pasteur retraité des EEL

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