La réfaurme de l’ortografe

DictéeLe voilà le nouveau grand débat dans les médias et sur les réseaux sociaux : la réforme de l’orthographe ! Ou plus précisément la mise en oeuvre dans les nouveaux manuels scolaires d’une réforme validée par l’Académie française il y a 25 ans. Quel évènement (si si, l’orthographe est correcte désormais) !

Les réseaux sociaux français sont remplis de statuts et de tweets s’offusquant de cette réforme, criant au scandale ou à la perte de nos racines… Jusqu’à l’apparition, assez douteuse à mon sens, du hashtag #JeSuisCirconflexe !

Franchement, une langue, sa grammaire, son orthographe, ça évolue ! On n’écrit plus comme on écrivait au Moyen-Âge  ! Dans une interview parue en 1990 et ressortie par www.lefigaro.fr, le grand écrivain Michel Tournier, récemment décédé, s’étonnait qu’on veuille faire changer l’orthographe par décret. Mais il affirmait aussi que l’orthographe dépend de l’usage. « Il faut laisser les gens écrire comme ils veulent. Il suffirait de décider qu’il n’y a plus de fautes. Là, ce serait une vraie réforme. Il n’y a plus de raisons d’obliger les gens à écrire selon des règles que de décréter que certains vêtements sont élégants, et d’autres pas. L’orthographe n’est que la façon dont chacun écrit le français. » Etonnant, non ?

Quant à ceux qui ont du mal avec la nouvelle orthographe de nénufar, par exemple, Marie-Hélène Drivaud rappelle que « c’est un mot qui vient de l’arabe. Le ‘ph’ étant grec, il n’avait rien à faire là-dedans. » 

Pour tout vous dire, ces querelles me rappellent un peu le débat sur le sexe des anges ! Se battre pour préserver l’orthographe telle qu’elle a été fixée au XVIIIe siècle parait dérisoire… Surtout dans le contexte d’aujourd’hui. Remarquez, dans nos Eglises on arrive bien à se déchirer sur le choix de la couleur de la moquette ! Et on « oublie » de réfléchir à notre présence dans un monde qui a tant besoin de l’espérance de l’Evangile… Dans un autre contexte, l’apôtre Paul disait à Timothée : « Devant Dieu, demande-leur avec force de ne pas se battre sur les mots. Cela ne sert à rien, sauf à démolir ceux qui écoutent. » (2 Timothée 2.14). A méditer… 

Vincent Miéville

À propos Vincent Miéville

Vincent Miéville est pasteur de l’EEL de Toulouse et président de la commission synodale de l’UEEL.

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