La sainteté pour tous ?

1258336_76116055C’est la Toussaint ! On aurait pu l’oublier… Il faut dire que cette « fête de tous les saints », qui rencontre peu d’enthousiasme chez les protestants (c’est peu de le dire !) et qui est menacée par Halloween, a du mal à trouver sa place dans le calendrier. Même si le lien n’est théoriquement pas obligatoire, elle associe, dans la pratique, les saints et les morts, et fête les saints décédés, un petit peu comme le fait le fameux gospel Oh When the Saints, qui évoque les chrétiens morts, les « saints », et leur entrée dans le ciel (si je comprends bien les paroles de la chanson !).

Quoi qu’on pense de cette fête, elle soulève l’intéressante question de ce qu’est la sainteté. Qu’en dit la Bible ? D’un côté, le Nouveau Testament banalise le mot saint. Lorsque l’apôtre Paul s’adresse aux chrétiens d’une Église donnée, dans ses lettres, il peut les appeler « saints ». Il le fait par exemple avec les Corinthiens (2 Corinthiens 1.1), qu’il salue comme des gens qui sont saints en vertu de l’appel de Dieu. C’est-à-dire qu’avant qu’ils aient fait quoi que ce soit, l’appel de Dieu, l’Évangile, qu’ils ont favorablement accueilli, a fait d’eux des saints. Autant dire que saint n’est pas alors un diplôme ni une récompense. Ce n’est pas le fruit d’une sélection. On même probablement ajouter que ces chrétiens sont saints tous ensemble avant de l’être individuellement. C’est donc quelque chose qui leur est donné et qui parle de leur appartenance à Dieu. Ce ne sont pas seulement les morts qui sont concernés : les vivants sont au premier rang, mais les croyants morts ne sont pas exclus, puisque l’espérance chrétienne annonce que tous se retrouveront au dernier jour. Et ce ne sont pas seulement quelques-uns qui sont concernés : toute l’Église est englobée.

Ceci dit, être saint, ce n’est pas non plus un état figé. Il y a du mouvement dans la sainteté. À plusieurs endroits du Nouveau Testament, la sainteté devient une visée, un appel à vivre : soyez saints ! « Qu’il affermisse ainsi vos cœurs dans une sainteté irréprochable ! » « Que le Dieu de paix vous sanctifie totalement » (1 Thessaloniciens 3.13 et 5.23, TOB). Comme si la sainteté nécessitait un renforcement… La sainteté n’est donc pas seulement un acquis, elle est aussi, dans ces textes bibliques et dans bien d’autres, une démarche de consécration à Dieu, lui-même saint. « De même que celui qui vous a appelés est saint [Dieu], vous aussi devenez saints dans toute votre conduite, parce qu’il est écrit : Soyez saints, car je suis saint » (1 Pierre 1.15-16). La sainteté qui nous est donnée par Dieu nous met donc en mouvement.

Être saint, ce n’est donc pas forcément être mort…, ce n’est pas non plus un diplôme, ni le résultat d’un bilan de vie ; c’est une marche de vie, qui nous amène à toujours mieux intégrer l’appel de Dieu, donc l’Évangile, et à en percevoir concrètement toute la portée.

L’auteur:

Christophe Paya est professeur de théologie pratique à la FLTE de Vaux sur Seine

À propos Jérémie Chamard

Jérémie Chamard est pasteur de l'EEL de Bouffémont.

Un commentaire

  1. La Toussaint, c’est le 1er novembre. Le jour des morts, le 2. Il ne faut pas tout mélanger.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

error: Content is protected !!