Le chant des rescapés – Méditations de l’Avent (4)

christmas lights 4Dernière méditation de l’Avent proposée par Kate Badie, pasteure de l’UEEL et responsable du service biblique de la Fédération Protestante de France, sur le thème des « chants des exilés ». 

 

 
9 Après cela, je vis une grande foule, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toutes tribus, de tous peuples et de toutes langues. Ils se tenaient devant le trône et devant l’agneau, vêtus de robes blanches, et des branches de palmiers à la main, 10 et ils criaient : Le salut est à notre Dieu, qui est assis sur le trône, et à l’agneau !
11 Et tous les anges se tenaient autour du trône, des anciens et des quatre êtres vivants ; ils tombèrent face contre terre, devant le trône, prosternés devant Dieu, 12 en disant : Amen ! La bénédiction, la gloire, la sagesse, l’action de grâces, l’honneur, la puissance et la force à notre Dieu, à tout jamais ! Amen !
13 Alors l’un des anciens me demanda : Ceux qui sont vêtus de robes blanches, qui sont-ils ? D’où sont-ils venus ? 14 Je lui répondis : Mon seigneur, c’est toi qui le sais ! Et il me dit :
Ce sont ceux qui viennent de la grande détresse.
Ils ont lavé leurs robes,
ils les ont blanchies dans le sang de l’agneau.
15 C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu ;
ils lui rendent un culte, jour et nuit, dans son sanctuaire.
Celui qui est assis sur le trône les abritera dans sa demeure ;
16 ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif ;
le soleil ne les frappera plus, ni aucune chaleur.
17 Car l’agneau qui est au milieu du trône les fera paître
et les conduira aux sources des eaux de la vie,
et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.

Apocalypse 7.9-17 (NBS)

Les chants des exilés. La période de l’Avent résonne avec la tension douloureuse mais féconde qui traverse toute la vie chrétienne : la conscience de notre exil, de l’éloignement et de l’attente de notre vrai « demeure », qui est le Christ, et le désir de chanter la joie de le connaître au cœur de notre présent ! Le chrétien est sur la route, mais il chante parce que celui vers qui il se dirige l’accompagne déjà.

Pour terminer notre périple biblique, voici un texte de l’Apocalypse qui met en scène la liesse de la fin du voyage et le chant de ceux qui sont arrivés à destination. C’est un tableau de la réalité céleste, dévoilé pour encourager les chrétiens à la persévérance et à la résistance, face à la domination et à la séduction du contre-pouvoir qui s’oppose au règne de Dieu et de son Christ (le livre de l’Apocalypse se lit comme un drame à la Star Wars !). L’Apocalypse, comme le temps de l’Avent, lève les yeux vers un autre horizon.

Ce que voit Jean (le narrateur) est une foule immense et internationale. C’est pour encourager les chrétiens quand ils se sentent ultra-minoritaires ou quasi solitaires – et peut-être leur ouvrir les yeux pour reconnaître d’autres pèlerins à leurs côtés ! Le chant des exilés : « Le salut et à notre Dieu… » devient un chant de stade ; il se peut que nous soyons plus nombreux que nous le pensons à espérer le Christ !

Cela fait penser aux images troublantes que nous avons vues des réfugiés syriens et irakiens innombrables marchant à pied à travers les champs, convergeant par milliers vers les points de passage en Europe. La masse humaine en chemin a démontré avec force à la conscience européenne que ce n’est ni par caprice ni par confort que les familles entières fuient leur pays. Il faut une raison de vie ou de mort pour mettre autant de gens ensemble sur les routes de l’exil.

Chrétiens, identifions-nous à ces foules sur les routes aujourd’hui ?

Revenons à l’Apocalypse. D’abord spectateur à distance, Jean, comme il se doit, se trouve ensuite mêlée à la foule devant le trône. Là, il recueille le beau témoignage d’un des « anciens », qui est proposé alors au lecteur sous la forme d’un poème ou chant. Ce chant rappelle que la foule immense et internationale est formée de ceux qui ont été sur les routes de l’exil, qui ont connu la faim, la soif et la chaleur du jour, mais qui sont maintenant accueillis et abrités par « l’agneau » qui est mort pour leur salut. L’agneau qui a donné sa vie pour les « laver », qui est assis au milieu du trône, deviendra le berger qui les fera paître et les conduira aux sources de la vie (cf. Ps 23). Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux (És 25.8, cf. Ap 21.3-7). Ce refrain prolonge celui des prophéties et des psaumes de la Bible pour encourager les croyants de tous les temps à ne pas se lasser, à ne pas s’installer ailleurs que dans le sanctuaire de Dieu, à espérer, à persévérer, à se réjouir, à retrouver la route et à se remettre en marche, malgré les épreuves.

Quel beau chant pour le temps de l’Avent ! Il rappelle que celui qui est venu à Noël a pris la chair humaine afin d’être cet agneau qui enlève le péché du monde (Jn 1.14, 29, 36). Il proclame que celui qui est venu dans notre monde est maintenant assis sur le trône où il intercède pour nous (cf. Rm 8.31-39). Il affirme que Jésus, dont les anges ont chanté la naissance aux bergers, est pour le chrétien le bon berger qui gardera et guidera ses « moutons », en un seul troupeau, jusqu’à dans sa « demeure » (cf. Jn 10.11-16).
Chantons Noël !

À propos Katie Badie

Katie Badie, pasteur de l'UEEL, est responsable du service biblique de la Fédération Protestante de France

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