Le grand chambardement – (3) Celui qui marche devant

Avent« Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14.6)

L’Avent ne peut pas qu’être un simple souvenir de l’événement de Bethléem, comme si le Christ n’était pas déjà venu, ni une simple préparation de la fête de Noël, comme si la fête à venir valait plus que celui qu’on attend. L’Avent, c’est l’espérance en tension entre ce moment où le ressuscité est remonté vers le Père et ce jour où il reviendra vers nous dans toute sa gloire et toute sa force. Mais pas que…

En fait, le positionnement du Christ me turlupine bien un peu ; pas dans sa dimension cosmique, non, mais dans ma vie. J’en parle si souvent comme mon sauveur, mon Seigneur, mon ami, mon conseiller… Ne serait-il que ma petite chose à moi, Dieu présent, Dieu avec moi qui ne bougerait pas des petites places que je lui assigne ? Quelque chose m’échappe, ou plutôt quelqu’un.

Jésus s’est présenté comme la vie. Or, la vie, c’est le mouvement, la transformation permanente… Il s’est affirmé comme la vérité mais la vérité se donne à redécouvrir à chaque instant. Que je croie la détenir, déjà elle m’échappe pour se révéler dans une autre dimension, un autre éclairage, une signification plus profonde. Et puis un chemin invite au voyage, au pèlerinage. Et s’il n’était possible d’être en compagnie de Jésus qu’en marchant, en avançant, plus, en le suivant, lui qui a toujours un temps d’avance sur nous ? Tiens, le matin de la résurrection, les femmes venues au tombeau se sont entendu dire : « …vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié ; il est ressuscité, il n’est point ici ; voici le lieu où on l’avait mis. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée : c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. » (Marc 16.6-7)

Chaque fois que nous tentons maladroitement de figer le Christ dans nos habitudes, nos certitudes, une petite voix nous souffle : « il n’est pas ici, il t’attend ailleurs. » C’est comme ça, avec Jésus : il se laisse approcher mais pas saisir, ni figer. Il marche toujours devant.

Pendant ce temps de l’Avent, ne pourrions-nous prier Celui qui nous précède de nous libérer de nos enfermements, de nous libérer des images que nous avons parfois de lui et qui nous empêchent si souvent de le chercher tel qu’il est : chemin, vérité, vie ? Il nous précède dans nos lendemains, porteur de toute la nouveauté de Dieu, de ce pain qui nous est promis chaque jour nouveau, pain qui ne peut se stocker sans perdre nutriment et saveur. Christ est celui que nous espérons et que nous attendons. Mais il se révélera toujours de manière inattendue.

À propos Thierry Bulant

Thierry Bulant est pasteur de l'EEL d'Avignon

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