Le meilleur est devant nous !

chemin« Nous ferions mieux de retourner en Egypte » (Nombres 14 :3)
« Le vieux est meilleur » (Luc 5 :39)

Le peuple hébreu était un peuple difficile à gérer, pessimiste, râleur mais également enclin à la nostalgie. Alors que Dieu par l’intermédiaire de Moïse les a sortis du pays d’Egypte où ils étaient en esclavage depuis la bagatelle de 400 ans, voilà qu’après à peine un an de libération inconditionnelle, ils regrettent le temps « béni » de la servitude égyptienne. « Ne ferions-nous pas mieux de retourner en Egypte ? » disent-ils en chœur à ceux (Moïse et Aaron) qui ont eu le malheur d’obéir à l’Eternel et de les mener dans ce désert vers un aléatoire pays promis. Et ils en rajoutent : ce fameux pays qu’on a décrit comme découlant de lait et de miel est en plus peuplé de géants ! Il y a tromperie sur la marchandise ! Nous sommes à leurs yeux comme des sauterelles et c’est bien ce que nous sommes! (Nombres 13 :32-33). Et comme la nostalgie, la peur et le complexe d’infériorité forment un cocktail détonant, ils sont prêts à lyncher leurs conducteurs adorés. Pas facile d’être le leader d’un peuple en pleine crise de nostalgie.

Des études sur les souvenirs montrent bien qu’aujourd’hui encore, les hommes et les femmes auraient une fâcheuse tendance à embellir le passé. On parle même d’idéalisation forcenée du passé. Une sorte de relecture enjolivante qui nous faire dire, quelle que soit l’époque où nous vivons, que c’était mieux avant. Rien ne semble échapper à cette relecture : l’économie « A l’époque du franc, la vie était moins chère », la jeunesse « De mon temps, les jeunes connaissaient le mot respect », la famille « A l’époque, on savait éduquer les enfants » l’Eglise « Ah du temps du pasteur machin chose… ».

Je lisais quelque part que cette relecture du passé s’apparentait à une construction chimérique. La chimère étant une créature hybride de la mythologie grecque : une bête avec une tête de lion, un corps de chèvre et une queue de serpent. La reconstruction des souvenirs procède de la même manière, on recompose le passé en prenant des bribes de vérités heureuses en oubliant les mauvaises. Un passé idyllique et idéalisé, fabriqué avec des bouts de vérité. Un monstre fantastique.

Je me souviens avoir été repris par un ami plus âgé quand, lors de ma crise des 40 ans, je me plaisais (ou complaisais) à dire que mon avenir était derrière moi. Cet ami chrétien a remis les pendules de ma vie à l’heure « Non mon frère, en Christ ton avenir est devant toi ». Une évidence direz-vous, mais une évidence qu’il faut absolument rappeler à tous ceux qui sombrent dans cette nostalgie paralysante.

Et le Seigneur lui-même nous le rappelle, il nous veut debout, prêts à franchir le Jourdain, à faire face au changement, à entrer dans la terre promise, sans complexe, sans nostalgie d’un passé idéalisé. L’apôtre Paul nous le dit avec son fameux « Oubliant ce qui est en arrière et tendant vers ce qui est en avant, je cours vers le but…» Philippiens. (3 :13-14). Ceci n’est pas un appel à l’amnésie et il ne s’agit pas de faire fi du passé. On peut et on doit même en retenir les leçons. Mais il faut laisser le passé là où il est et surtout de ne pas s’en charger inutilement. Même les succès peuvent peser sur ma motricité. Plutôt que de m’appesantir sur un passé qui n’est plus, si je disais plutôt : je veux oublier tout ce qui m’alourdit dans la marche, je veux me mettre en mouvement, j’ai foi en ce Dieu qui reste le même, hier, aujourd’hui et demain, je veux croire que ses bontés se renouvellent chaque matin, je crois qu’il marche devant moi, je veux chanter un cantique nouveau, vivre avec Lui en nouveauté de vie ! Non, je ne me laisserai pas enchaîner par un passé fantasmé alors que le meilleur est devant moi !

N’oublions pas que nous ne sommes pas le peuple de la nostalgie mais celui de l’espérance. Une espérance comme celle d’Abraham qui espérait contre toute espérance, une espérance dans un avenir non pas fantasmé mais révélé. Une espérance fondée sur la Parole éternelle de Dieu. Une espérance enfin, qui transforme chaque jour notre présent… pour le meilleur.

À propos Eric van der Does

Eric van der Does est pasteur de l'EEL de Pau.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

error: Content is protected !!