Le salut de l’humanité passera-t-il par les Objectifs de développement durable ?

Sustainable Development Goals_E_Final sizesLe SEL est une association protestante de solidarité internationale qui vise à améliorer les conditions de vie de personnes et de populations en situations de pauvreté dans les pays en développement. Cette association s’enrichit aujourd’hui d’une branche d’éducation au développement. Sa Mission? Encourager la réflexion sur les questions de pauvreté et de développement. PLV magazine s’associe à ce mouvement et publiera régulièrement des articles sur le sujet en collaboration avec le SEL.

Vous pouvez retrouver d’autres contributions de Nicolas Fouquet sur le blog du SEL. C’est lui qui est en charge de l’éducation au développement au sein de l’association.

Pour les croyants, et notamment les chrétiens, le terme de salut revêt un sens particulier voire sacré. Pouvant être compris comme une délivrance ou une libération, la notion de salut peut se concevoir évidemment sur un plan spirituel (du péché, de la mort…) mais pourquoi pas aussi sur un plan plus temporel (de la pauvreté, de la faim…). C’est bien sûr à cette seconde acception du terme que nous faisons référence dans cet article, la réponse ne paraissant que trop évidente à un niveau théologique.

Une mobilisation collective et ambitieuse

Du 25 au 27 septembre, les différents chefs d’État de la planète se sont retrouvés à New-York pour l’assemblée générale des Nations Unies. A cette occasion, a été adoptée la nouvelle feuille de route de l’organisation qui doit régir les quinze années qui viennent en matière de solidarité internationale. Il s’agit d’une liste de 17 Objectifs de développement durable (ODD) qui visent à orienter la mobilisation internationale et à créer un « monde meilleur »[1].

Cette campagne prend non seulement la suite des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) qui arrivaient à échéance cette année mais elle cherche aussi à les dépasser, en se voulant plus large, universelle et mieux négociée. Parmi les objectifs fixés[2], on retrouve ainsi le projet d’éradiquer la pauvreté ou la faim d’ici 2030. Se justifie alors la question initiale de notre article qui est de savoir si l’on peut imaginer aboutir à un certain salut de l’humanité grâce aux ODD…

Des défis qui restent à relever

Face à cet optimisme[3], il demeure néanmoins plusieurs interrogations qui peuvent amener à relativiser l’engouement ambiant. L’un des points stratégiques est notamment la question du financement de cette campagne dont le budget devrait s’élever à plusieurs milliers de milliards de dollars par an[4]. Or, sans un financement adéquat à la hauteur des ambitions proclamées, les ODD risquent de n’être malheureusement qu’une coquille vide.

Une autre question importante qui reste en suspens est de savoir si les engagements pris sont vraiment atteignables, qui plus est dans le délai imparti. Sans compter qu’il peut arriver que des objectifs de la liste soient difficilement conciliables entre eux[5] et fassent également abstraction des objections bibliques que certains chrétiens pourraient émettre[6].

Conclusion

Si les Objectifs de développement durable témoignent d’une ambition réelle et bénéfique pour l’humanité, il n’empêche qu’ils ne constituent qu’une réponse partielle aux besoins de tout être humain. Les organisations humanitaires chrétiennes ont alors toute leur pertinence pour permettre une compréhension plus juste et globale de la notion de salut !

 

[1] http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=35642#.ViS4WCv2S6Q

[2] http://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/

[3] Légitime à certains égards, au vu notamment des progrès réalisés en matière de lutte contre la pauvreté durant ces vingt-cinq dernières années.

[4] http://www.lemonde.fr/climat/article/2015/09/25/les-dix-sept-objectifs-de-l-onu-pour-une-planete-durable_4772071_1652612.html

[5] On n’a par exemple jamais observé une réduction à grande échelle de l’extrême pauvreté sans qu’il n’y ait davantage de pollution.

[6] La vision biblique de la vie dans un monde déchu peut amener à se demander jusqu’à quel point il est possible de faire reculer la pauvreté dans le temps présent.

À propos Nicolas Fouquet

Diplômé de l'Institut d’Études Politiques de Strasbourg, il a suivi une spécialisation en relations internationales. Il est désormais en charge de l'éducation au développement au sein du SEL et a pour mission d'encourager la réflexion sur les questions de pauvreté et de développement.

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