Les changements climatiques Ouvrage collectif – éditions Olivétan pour le compte de la FPF, 2014

les changements climatiques FPFÀ l’approche de la Conférence de l’ONU sur le climat (COP21) à Paris en décembre 2015, la Fédération protestante de France apporte sa contribution dans un petit ouvrage (46 pages) qui vise à sensibiliser les publics chrétiens à ces questions, et à les faire réfléchir aux dimensions éthiques de leurs positionnements individuels et collectifs, ainsi qu’aux pistes concrètes d’ajustement de leurs modes de vie et de leurs choix.

L’ouvrage s’ouvre sur un état de la question, avec un rappel de données scientifiques rendues très accessibles à la lecture. Schémas à l’appui, on nous redit que la température moyenne à la surface du globe a augmenté de 0,85°C depuis 1880, seul le sud du Groenland ayant connu un léger refroidissement ; ce réchauffement est confirmé par le recul généralisé des masses glaciaires, par la montée du niveau moyen des mers. La cause principale de ces modifications, suite aux activités humaines, et particulièrement depuis la révolution industrielle, est l’émission de très grandes quantités de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère. C’est donc là que des mesures peuvent / doivent être prises pour tenter de limiter la hausse de température à un maximum de 2°C (au lieu des 4°C auxquels nous promet la trajectoire actuelle).

Suit une explicitation de l’enjeu éthique de cette évolution. L’impact des modifications induites sera le pire dans les pays les moins développés, les plus pauvres. Quelles que soient les justes mesures prises, c’est sur le long terme que sera affecté le mode de vie des générations à venir. Également, les couches sociales défavorisées sont moins armées pour lutter contre pareils défis. C’est donc d’un enjeu de justice – internationale, intergénérationnelle et sociale – qu’il s’agit, enjeu qui devrait se situer au cœur de la responsabilité des élus. Or, force est de constater que de très nombreux intérêts « autres » que celui du bien commun font obstacle… « Nos Églises et mouvements protestants ont un rôle à jouer dans la réappropriation d’une conscience d’un intérêt général sur ce sujet comme sur d’autres. » Notre modèle social doit évoluer, et devrait être fondé sur une forme de reconnaissance pour ce qui nous est donné, un sens accru de la responsabilité individuelle et collective, la promotion de valeurs de sobriété et de partage.

Viennent alors quelques éléments théologiques qui fondent la nécessaire implication de nos Églises et institutions. La solidarité qui lie celles-ci, à travers la planète globalisée, leur devoir d’interpellation des pouvoirs publics, les engagent. Or l’affirmation de la grâce de Dieu offerte à chaque être humain, outre qu’elle libère de la peur idolâtre d’une nature toute-puissante, mène tout droit à la reconnaissance et la responsabilité. La réponse actuelle au changement climatique reste dans la logique du « faire ». Au nom du Dieu créateur, du Dieu de justice, nous devons promouvoir, tels les prophètes d’autrefois, une autre façon « d’être » en relations avec les autres et au monde, et refonder une attitude qui s’appuie sur l’éducation, la recherche et la diffusion de la connaissance au plus grand nombre. Des efforts à poursuivre et intensifier, avec courage et détermination !

Comme témoins de positionnements déjà engagés, l’ouvrage est complété par une note du Conseil œcuménique des Églises, et par une Déclaration publique sur la justice climatique de la Fédération luthérienne mondiale.

 

À propos Mireille Boissonnat

Mireille Boissonnat est membre de l’EEL de Paris-Alésia.

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