Les garçons et Guillaume … à table !

20625607« Rien qu’avec le titre et la bande-annonce on a déjà tout compris !« . Cette remarque entendue quelques jours auparavant ne m’a pas découragée d’aller voir le film de Guillaume Galienne, attirée par la performance d’un acteur qui joue son propre rôle et celui de sa mère. Son interview dans « La vie » avait fini de me convaincre et je ne l’ai pas regretté !

Si je vous recommande d’aller voir ce film, ce n’est pas pour les scènes comiques comme celles qu’évoque Vincent Miéville dans son blog, elles m’ont fait rire sans plus (je pense qu’elles touchent davantage un public masculin). Comme le dit Vincent, c’est d’abord pour la performance de l’acteur et pour son incroyable jeu, lui qui réussit à se transformer sous nos yeux, au fur et à mesure qu’il découvre son hétérosexualité. Le changement progressif dans le ton de sa voix, qui devient plus posée, plus grave ; un visage plus tendu, moins mobile tout en gardant constamment cette bienveillance qui le caractérise. C’est à se demander si ce qui est pris par son entourage par de l’homosexualité n’est pas simplement une manifestation de cette attention aux autres et de cette gentillesse, qualités que les hommes, comme les femmes, gagnent à exercer !

L’incursion de Guillaume dans les milieux homosexuels masculins est saisissante : elle est bien éloignée des clichés et de la mièvrerie que l’on accole à ceux-ci. Le film nous montre un monde où règne une virilité qui s’autoalimente, exacerbée par l’absence de femmes. Le père et les frères de Guillaume sont, eux-aussi, assez effrayants dans leur incapacité à saisir sa différence et son ouverture à d’autres centres d’intérêt que le sport ou la chasse.

« Les garçons et Guillaume, à table » n’est pas un film sur l’homosexualité. C’est un film sur la bienveillance que l’on se doit à soi-même surtout quand les autres ne vous la témoignent pas. C’est ainsi que l’exprime Guillaume Galienne dans « La vie » Je n’ai pas tourné le film pour raconter ma vie, je l’ai fait parce que c’est une comédie sur la différence qui montre que le meilleur moyen de penser (panser) la différence, c’est la bienveillance.

À propos Asuncion Calvo

Asuncion Calvo est membre de l’EEL de Paris-Alésia.

Un commentaire

  1. Bonjour,
    merci pour cette critique. Je suis allée voir ce film après avoir lu, moi aussi, le critique dans la vie, et parce que j’apprécie beaucoup ce comédien. Non, contrairement à ce que pensent des esprits chagrins, ce film n’est pas une promotion de telle ou telle forme de sexualité, ni d’une quelconque théorie du genre, un film sur l’identité et un appel à la tendresse.

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