L’incarnation : une possibilité d’accueillir la Parole (Jean 1:1-18)

crècheL’évangile de Jean s’ouvre avec les mêmes mots que le premier livre de la Bible : « Au commencement… ». Celui de Matthieu raconte l’histoire de Jésus en remontant dans la généalogie jusqu’à Abraham ; Marc débute son évangile avec le baptême de Jésus et Luc démarre avec la naissance de Jean-Baptiste. C’est donc Jean qui prend le plus grand recul pour nous présenter Jésus.

Jésus avant Noël

Dans un raccourci saisissant il nous entraîne de l’origine du monde à la venue de Jésus sur notre terre. Sur le fond du récit de la Genèse, il écrit le commencement de l’histoire de Jésus. La création de toutes choses et la naissance de Jésus procèdent d’une même origine. Dans les deux cas, la Parole est l’agent de la création et bien plus. Cheminement mystérieux de la Parole qui fait advenir toutes choses, en particulier la vie.

Nous sommes devant le même émerveillement, le même questionnement : d’où vient ce que nous voyons, ce qui existe et par-dessus tout, d’où vient la vie, la vie des hommes, la vie de l’homme Jésus ? Les fêtes de Noël donnent une place importante aux enfants, n’est-ce pas souvent en les regardant que nous sommes saisis par cet émerveillement devant la Vie ? (voir le Psaume 8 « Par la bouche des enfants, des tout-petits … je me demande : qu’est-ce que l’homme ? »)

La parole

Selon Jean, la clé de ce mystère de l’origine de toutes choses et de la venue de Jésus est à chercher dans le concept « Parole » (logos en grec). « Au commencement, la Parole existait déjà. La Parole était avec Dieu et la parole était Dieu… » J’emploie le mot « mystère » pour exprimer ce qui me dépasse, ce qui nous laisse sans mot, dans le silence de la contemplation.

La parole, c’est ce qui distingue les humains du monde animal. Elle est un phénomène extraordinaire. Elle est portée par le souffle, conçue dans l’invisible du cœur et de l’esprit, accueillie par ceux qui y prêtent attention. Elle peut avoir de grands effets : établir une relation ou blesser, instruire, former, guider, consoler, donner confiance … La Parole avec une majuscule renvoie à une réalité bien plus extraordinaire, elle était Dieu, dit Jean et la Parole est devenue homme. Nous voilà devant le mystère de la personne dont Jean Baptiste sera le témoin : Jésus.

L’intention de l’Evangéliste

Ce premier chapitre de l’Evangile de Jean est d’une très grande densité, nous devons nous poser la question de l’intention de Jean. Ne tombons pas dans le piège que nous rencontrons dans le premier livre de la Genèse en voulant expliquer le comment de l’incarnation de la Parole – comme on a souvent voulu chercher le comment de l’origine du monde dans le premier livre de la Bible. En écrivant son évangile, Jean poursuit un but ; il l’énonce à la fin de son écrit au verset 31 du chapitre 20 : offrir la possibilité de croire que Jésus est le Messie, et qu’en croyant nous ayons la vie. Dès le premier chapitre, Jean est préoccupé par l’accueil qui est fait à la lumière, par l’accueil réservé à la Parole.

L’enjeu est grand, cette Parole est chargée d’un grand pouvoir. « À ceux-là, la Parole a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ». C’est notre capacité à entendre, à recevoir ce qui nous est donné qui est ici mis en valeur. Au moment d’ouvrir l’Évangile, peut-être au moment de fêter Noël, la question à nous poser n’est-elle pas : suis-je prêt(e) à accueillir plus grand que moi-même, plus grand que mes pensées, plus grand que mon imagination ?

 

À propos Max Bourgeois

Max Bourgeois est pasteur retraité de l'EPUF.

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