L’intolérance du « moi »

Bible banc« Celui qui n’est pas avec moi est contre moi » Luc 11 :23

Cette méditation fait suite à celle de la semaine dernière que vous pouvez retrouver ici.

Jésus utilise l’argument par l’absurde pour répondre à ceux qui contestent l’origine du miracle qu’il vient d’accomplir (l’expulsion d’un démon) « Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté » dit Jésus au verset 17. Autrement dit, on ne peut à la fois chasser les démons et travailler pour le compte de leur prince ! L’accusation des opposants de Jésus tombe à plat.

C’est dans ce contexte de lutte entre la lumière et les ténèbres (un combat très clair !) que Jésus prononce cette phrase tellement forte : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ». Et là encore, l’accent tombe sur un pronom mais cette fois sur celui de la première personne du singulier, le « moi », le fameux ego en grec. Nous ne sommes plus ici avec les « nous » et les « vous » mais en présence du moi et de la personne de Jésus. Et quand le pronom change, le ton change également : c’est l’intolérance du « moi ». Lorsque Jésus parle de lui et de l’attitude de l’homme par rapport à sa personne, il est manifestement intolérant, intransigeant, exclusif. Lorsque sa personne est en jeu, il n’y a pas de place pour les francs-tireurs. Pas de « no man’s land » dans le positionnement par rapport à lui. On est soit avec lui, soit on se retrouve de l’autre côté, contre lui, dans le camp de ceux qui « dispersent » parfois sans le savoir.

Alors, le christianisme est-il foncièrement intolérant ? En ce qui concerne la personne de Christ, la réponse est oui ! Jésus l’était… et si nous nous réclamons de lui, nous ne pouvons pas craindre de l’être, nous aussi, après lui et pour lui, à la suite des apôtres (Actes 4 :12) de Paul (I Corinthiens 2 :2) et des premiers chrétiens qui avaient choisi le poisson pour emblème et composé à partir des lettres du mot grec Ichtus (poisson) cette merveilleuse confession de foi : Jésus-Christ Fils de Dieu Sauveur.

Devant le relativisme ambiant soit disant postmoderne qui tente de noyer le poisson, l’intransigeance chrétienne par rapport à la personne de Jésus pourrait paraître vouée à l’échec. Son impopularité est en effet directement proportionnelle au tranchant de son message. Tant pis, osons nous dire, il en va de notre fidélité à la parole incarnée de Dieu et au salut de l’humanité. Rien de moins.

Encore faut-il que cet exclusivisme soit à l’image du maître, respectueux de la personne humaine et de sa liberté. Il ne s’agit pas de contraindre qui que ce soit mais de témoigner dans l’amour et en toute douceur de l’unique voie de salut en Jésus-Christ. Cet amour du prochain, loin de m’obliger à sombrer dans le relativisme généralisé ou le consensus mou, m’appelle au contraire à annoncer clairement la personne et l’œuvre de Jésus-Christ. C’est une « intolérance » vécue dans l’amour et le respect du prochain.

À propos Eric van der Does

Eric van der Does est pasteur de l'EEL de Pau.

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