Malala, ma sœur en humanité

Malala_Yousafzai_at_Girl_Summit_2014Malala Yousafzai vient de recevoir, conjointement à l’indien Kailash Satyarthi, le prix Nobel de la paix, « pour leur combat contre l’oppression des enfants et des jeunes et pour le droit de tous les enfants à l’éducation » (déclaration du président du comité Nobel). Malala est la plus jeune lauréate de ce prestigieux prix. Et il faut l’avouer : être prix Nobel de la paix à 17 ans, c’est un destin exceptionnel ! 

Cette jeune pakistanaise, qui s’est fait connaître à 11 ans seulement par son blog où elle dénonçait les violences des talibans pour empêcher l’accès des filles à l’éducation, qui a ensuite échappé de peu à une tentative d’assassinat par ces mêmes talibans et qui provoquait en juillet 2013 une standing ovation à la fin de son discours devant l’ONU, est impressionnante de maturité et de détermination. 

Par exemple lorsqu’elle dit dans son discours devant l’ONU : « Je n’ai même pas de haine contre le Talib qui m’a tiré dessus. Même si j’avais un pistolet en main et qu’il se trouvait en face de moi, je ne lui tirerais pas dessus. » Et plus loin : « C’est dans les ténèbres que nous nous rendons compte de l’importance de la lumière. Nous sommes conscients de l’importance de notre voix quand nous sommes réduits au silence. » Ou encore en conclusion : « Un enfant, un enseignant, un stylo et un livre peuvent changer le monde. »

Des paroles et un comportement qui m’interpellent, en tant que chrétien. Des mots qui font même écho à plusieurs paroles de l’Évangile. Malala est musulmane, mais on est ici au-delà du discours religieux. Tout chrétien que je suis, disciple de Jésus-Christ, aurais-je son courage ?

Malala nous donne espoir en l’humanité. Elle nous rappelle que si les humains sont capables des plus grandes atrocités, même au nom de Dieu parfois, ils peuvent aussi dire et faire de si belles choses. C’est alors seulement que nous pouvons voir se manifester l’image de Dieu en tout homme, dont nous parle la Genèse, et que Dieu préserve en nous malgré tout, dans sa grâce.

 

À propos Vincent Miéville

Vincent Miéville est pasteur de l’EEL de Toulouse et président de la commission synodale de l’UEEL.

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