Méditation pour l’Avent : Désir d’enfant – (4) Un désir sans honte (Luc 1.34-45)

1208573_69660271Quand deux femmes enceintes se rencontrent, qu’est-ce qu’elles se racontent ? Pas des histoires de Saintes – même si elles s’appellent Marie et Elisabeth – mais une Histoire sainte, celle de l’alliance : la nouvelle visite l’ancienne qui la salue.

Cela fait bien cinq mois qu’Elisabeth se cache (vv.24-25). Voilà des années qu’elle vivait la honte au ventre si bien qu’on avait fini par la surnommer « la stérile ». La dernière Eve du premier testament a honte et se cache. L’ultime matriarche n’aura plus à se cacher, sa honte va être lavée par l’enfant qui va naître.

Se pourrait-il que l’infamie de la stérile retombe sur sa parente encore vierge ? Le miraculeux des naissances prête le flanc au scandaleux des médisances. Marie pressent le déshonneur possible : « Comment cela se produira-t-il, puisque je n’ai pas de relations avec un homme ? » La vierge sera-t-elle traînée… dans la boue ?

Une parole va venir couvrir la honte qui hante cette famille : « Tu es bénie entre toutes les femmes » (v.42). Elisabeth reprend l’antique bénédiction donnée à Yaël (Jg 5.24) et à Judith (Jdt 13.18) quand l’indignité menaçait ces femmes. Par une parole Juda a relevé Tamar de son humiliation : « Elle est plus juste que moi ». Par une parole, Booz a levé l’opprobre qui aurait pu être celle de Ruth : « Sois bénie du Seigneur, ma fille ! ». Par une parole Héli a guéri la flétrissure d’Anne : « Que le Dieu d’Israël te donne ce que tu lui as demandé ! » Une parole qui se fait chair en Marie. Elle est bénie plus que les autres femmes, parce que l’enfant qu’elle porte était désiré par tant de femmes depuis les origines (Gn 3.15)

Le fils d’Elisabeth a levé la honte qui la couvrait. Le fils de Marie va enlever la honte qui couvre l’humanité (Es 25.8). Noël, c’est la parole qui porte du fruit dans le sein de celui qui la reçoit comme une semence de vie. Noël, c’est le désir de Dieu de naître en nous, lui qui nous désirait avant même que nous soyons nés. « Heureux » celui/celle qui a cru.

 

À propos Philippe De Pol

Philippe de Pol est pasteur de l’EEL de Deuil-la-Barre.

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