N’ayez d’eux aucune crainte, mais sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur (1 Pierre 3 : 14-15)

801003_14032228 - coeurHabituellement l’expression « sanctifier quelqu’un » signifie rendre saint. Dieu bien entendu peut sanctifier un homme, mais comment pourrions rendre Christ plus saint qu’il n’est déjà ? Impossible ! Apparemment ce n’est pas ainsi qu’il faut comprendre l’expression « sanctifiez Christ dans notre cœur ». La compréhension de cette phrase s’éclaire dès que l’on découvre qu’elle s’inspire d’une parole du prophète Esaïe : … Ne craignez pas ce que craint [ce peuple], et ne soyez pas effrayés. C’est l’Eternel des armées que vous devez sanctifier, C’est lui que vous devez craindre et redouter (Esaïe 8 :12-13). Une sanctification qui a Dieu pour objet, est en réalité une forme de crainte respectueuse reformulée sous une forme positive. Elle consiste à reconnaître Dieu dans toute Sa majesté, toute Sa grandeur, et à percevoir que son opinion sur nous-mêmes est en définitive la seule chose qui compte vraiment. Plutôt que de parler de « crainte de Dieu » qui évoque l’idée de châtiment et qui fait de notre « ego » et de ses préoccupations le centre de nos décisions, l’apôtre Pierre préfère parler de sanctification qui nous détourne de nous-mêmes. La sanctification est le versant positif de la crainte, mais l’idée de fond reste toujours la même : la volonté de Dieu est la seule chose qui mérite toute notre attention !

Or aujourd’hui, beaucoup de chrétiens sont pétris par toutes sortes de peurs qui viennent de leurs relations avec les autres ! Peur du patron, peur du chômage, peur de ce que pense leurs amis, peur de l’opinion de leur conjoint ou même de leurs enfants, peur d’être différents, peur tout simplement d’être chrétien dans une société athée. Et Pierre nous dit dans ce passage : n’accordez pas une importance excessive à l’opinion des hommes sur vous-mêmes, mais accordez beaucoup d’importance à celle de Dieu. Evidemment une telle exhortation pourrait conduire quelques-uns à se comporter de manière brutale et insensible envers leur prochain, c’est la raison pour laquelle Pierre ajoute à la fin du v15 : « étant toujours prêt à vous défendre avec respect et douceur… ». Mais l’affirmation centrale de l’apôtre demeure la même : N’ayez d’eux aucune crainte !

Pierre n’ignore pas que cette attitude de cœur peut nous attirer des reproches, du mépris, voire même des persécutions. Il ne nous invite pas pour autant à abandonner toute forme de sagesse pratique, mais à ordonner nos priorités de manière à éviter la souffrance intérieure d’un cœur qui, consciemment ou pas, poursuit des buts incompatibles entre eux. Plaire à Dieu et plaire aux hommes, est simplement intenable si on place ces deux exigences sur un même niveau! L’Evangile de Jean nous raconte au chapitre 12 que plusieurs chefs juifs tombèrent dans ce piège, lorsqu’ils choisirent de ne pas faire l’aveu de leur conversion afin d’éviter leur exclusion de la synagogue. La peur des conséquences sociales avait pris le dessus, et ils ont perdu l’occasion d’avoir un cœur en paix. Jean conclut l’événement de cette manière : Ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu (Jn 12:43). Tout au fond de notre cœur, il convient de choisir celui qui mérite le plus notre considération, celui qui mérite d’avoir la première place dans notre vie. C’est un choix à renouveler tout au long de notre vie, il nous fait gagner en liberté, et même en bonheur intérieur (voir fin du v.14).

L’auteur :

Frédéric Sépari est pasteur de l’EEL de Lyon

À propos Jérémie Chamard

Jérémie Chamard est pasteur de l'EEL de Bouffémont.

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