Prêts pour le voyage ?

Rois magesCette méditation est tirée d’une prédication de Pierre Lacoste, pasteur de l’UEEL en poste à l’Eglise protestante française de Beyrouth. Vous pouvez en retrouver l’intégralité sur la page du site Internet de l’EPFB.

« A la vue de l’étoile, ils furent saisis d’une grande joie » (Matthieu 2.1-12)

Bœufs, ânes et moutons ? Des rois ? Trois rois, Melchior pour l’occident, Gaspar pour l’orient et Balthazar pour les nations du sud ? 

Que n’a-t-on pas ajouté au récit biblique ! Même le mot « Mage » est assez vague. Qui sont ces voyageurs, d’où viennent-ils ?

Il s’agit probablement des scientifiques de l’époque : les Perses ont toujours eu d’excellents mathématiciens et astronomes qui passaient leur temps à fabriquer des calendriers en fonction des étoiles et des cycles lunaires. C’était des hommes qui attendaient quelque chose du ciel, des hommes de l’espérance.
Mais on sait aussi que la science à cette époque ne se limitait pas à l’observation des phénomènes naturels ; un scientifique, c’était tout à la fois un médecin, un prêtre, un astrologue, un magicien, un philosophe. Or la Bible n’est pas vraiment tendre envers les devins, les magiciens et les astrologues : « Qu’on ne trouve chez toi personne qui exerce le métier de devin, d’astrologue ou de magicien » (Deut 18.13).

L’appel des infréquentables

C’est pourtant bien « ces gens-là » que Dieu guide vers la crèche. Des étrangers, des païens polythéistes, les croyants syncrétistes qui mélangent tout, des infréquentables…

Alors quand je vois les 7 nains dans la crèche d’Achrafieh [NDLR quartier chrétien de Beyrouth] ; quand je vois le bœuf, l’âne, et le petit Jésus entourés de toute la superstition du monde, au lieu de jeter la première pierre de la rectitude doctrinale, le pavé de la bonne lecture évangélique, je suis invité à me regarder dans le miroir de ce récit.
Ma foi est-elle aussi pure de tout élément superstitieux que je le prétends ?

Une foi épurée ou disparue ?

Il est vrai que la foi protestante a certainement plus péché par intellectualisme que par superstition. Si la Réforme est iconoclaste, si elle épure le dogme de ses fausses croyances et le libère de ses idoles, demandons-nous, devant la crèche, si à force d’épurer, il nous reste encore un peu de foi?

Ce que nous dit le récit des mages, c’est que Dieu prend l’initiative de la rencontre. Comme les mages, Dieu nous appelle de loin. Même après 2000 ans de christianisme, nous partons de très loin ; notre rationalisme ou nos superstitions nous éloignent de Dieu. Si Dieu ne nous appelle, s’il ne conduit nos pas, s’il ne nous fait pas signe, nous ne savons pas par quel chemin nous approcher de lui. Nous restons dans la nuit de la superstition ou de l’incrédulité.

Repartons en voyage, frères et sœurs ! Redevenons quelques instants étrangers à toute cette histoire. Refaisons la route de notre orient vers la crèche !  Et au bout du chemin, là devant la crèche, que trouverons-nous ? Aucune révélation renversante, aucun mystère dévoilé, aucune religion révélée, ni protestantisme, ni catholicisme, ni orthodoxie, il n’y a qu’un enfant… Noël, c’est une naissance. C’est Dieu qui vient au monde et non l’humanité qui monte au ciel ; Dieu avec nous, avec tous les étrangers du monde, et non Dieu pour nous seuls. Dieu qui se donne dans la simplicité d’un enfant. Emmanuel.

À propos Pierre Lacoste

Pierre Lacoste est pasteur détaché de l'UEEL, en poste à l'Eglise Protestante Française de Beyrouth (Liban)

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