Végé? Vegan? Adventiste? Quelques questions à Ruben de Abreu

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Les Adventistes du Septième Jour peuvent être considérés comme une grande famille de Chrétiens à l’échelle mondiale. Pratiquement tous les pays du monde ont une présence adventiste.

Voilà plus de 130 ans que les adventistes du septième jour ont adopté le style de vie végétarien parce qu’ils croient que l’homme représente un tout, incluant une dimension spirituelle, physique et morale. Tout ce qui est accompli dans le domaine du manger et du boire devrait honorer et glorifier Dieu et préserver la santé du corps, de l’esprit et de l’âme.

Dans ces temps où l’alimentation, le régime végétarien, la compassion envers les animaux, l’antispécisme occupent une place centrale dans notre actualité et les débats de société, nous avons posé quelques questions à Ruben De Abreu, président de l’Union des Fédérations Adventistes de France, Belgique et Luxembourg.

En complément de cette interview, nous ne saurions trop vous conseiller de lire l’article « Animal on est mal » de Luc Oleknovitch.

 Les Adventistes promeuvent des principes en lien avec la santé, et cela concerne aussi la nutrition. Pourriez-vous dire en quoi ils consistent ? 

de Abreu_Ruben_APD3Les Adventistes ont, depuis plus de 150 ans, une approche holistique de la santé, qui inclut la santé physique, mentale, émotionnelle, sociale et spirituelle. Cette approche se fonde sur l’anthropologie biblique.

Cette approche globale de la santé conduit à favoriser et à promouvoir notamment les facteurs suivants: l’exercice physique, une alimentation végétarienne ou végétalienne équilibrée, un repos adéquat, des relations saines, des pensées positives, la foi en un Dieu aimant, une consommation suffisante d’eau ou encore l’abstinence de substances addictives et nocives. 

Tous les 19 millions d’adventistes dans le monde n’ont pas tous une alimentation végétarienne. L’alimentation n’est pas une question de salut et de religion mais de santé.

L’Eglise adventiste, à travers son Département santé, fait la promotion d’une alimentation végétarienne principalement basée sur les fruits et légumes, les céréales complètes, les légumes secs et les oléagineux.  Lorsqu’ils ne sont pas raffinés ou transformés ces aliments sont riches en vitamines, minéraux, fibres et composés phytochimiques.  Les légumineuses y compris le soja et les oléagineux sont une bonne source de protéines végétales. Les oeufs et les laitages si ils sont consommés, doivent être de bonne qualité et utilisés en quantité très modérée.  Une alimentation végétarienne équilibrée est riche, savoureuse et appétissante grâce aux couleurs, aux arômes et à la variété des aliments végétaux. Tous les 19 millions d’adventistes dans le monde n’ont pas tous une alimentation végétarienne. L’alimentation n’est pas une question de salut et de religion mais de santé.

Quels sont, pour vous, les fondements de ces principes ? Quels sont les liens avec les lois alimentaires de l’Ancien Testament ? 

Le premier chapitre de la Bible, qui décrit la Création du monde par Dieu en 7 jours,  présente dans le même temps les principes de santé qui peuvent apporter aux individus une qualité de vie idéale. En créant le monde pour l’être humain Dieu a mit en place les éléments nécessaire à son bien-être : la lumière, le jour et la nuit, l’eau, des arbres et plantes pour sa nourriture, le soleil, les animaux comme compagnie et école de vie ainsi qu’une vie proche de la nature.

En créant le monde pour l’être humain Dieu a mit en place les éléments nécessaire à son bien-être

Tandis que le premier chapitre de la Genèse décrit les conditions idéales de vie prévues par Dieu pour l’être humain à l’origine, les conseils de santé du Lévitique visaient à aider le peuple d’Israël à échapper aux maladies communes de l’époque comme la lèpre ou les maladies chroniques qui sévissaient en Egypte. Même si les conseils et les lois alimentaires du Lévitique gardent leur pertinence, les lois de santé et les principes d’alimentation présentés dans la Genèse constituent la voie royale, comme de nombreuses études scientifiques l’ont montré.

Quelle est votre sentiment face à l’engouement actuel pour les régimes « vegan » et la philosophie antispéciste (qui refuse toute distinction entre les humains et les animaux) qui lui est souvent liée ?  

La position de l’Eglise adventiste concernant l’alimentation n’a rien à voir avec une alimentation « vegan » ou une philosophie « vegan », qui prône l’exclusion systématique de tous les produits alimentaires et non alimentaires issus des animaux ou de leur exploitation. Il est à noter également qu’une alimentation « vegan » n’est pas systématiquement synonyme d’alimentation équilibrée, mais peut le devenir par une planification  appropriée des repas.

la Bible fait une distinction nette entre les êtres humains crées à l’image de Dieu et les animaux qui sont des créatures d’une autre nature, dont nous devons prendre soin.

Nous sommes conscients qu’il existe une dimension éthique dans cette problématique qui concerne la défense de la création. Les chrétiens doivent être les premiers défenseurs et protecteurs de la nature de manière active et globale. 

Malgré cela, en ce qui concerne le soin des animaux, et la prise de conscience de leur sensibilité, la Bible enseigne que l’être humain a une responsabilité vis-à-vis des animaux et doit les traiter de façon appropriée. Cependant la Bible fait une distinction nette entre les êtres humains crées à l’image de Dieu et les animaux qui sont des créatures d’une autre nature, dont nous devons prendre soin.

À propos Vincent Miéville

Vincent Miéville est pasteur de l’EEL de Toulouse et président de la commission synodale de l’UEEL.

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