Retour à la nature

NatureLes cieux racontent la gloire de Dieu
L’étendue céleste manifeste l’œuvre de ses mains
Le jour en instruit un autre jour
La nuit en donne connaissance à une autre nuit
Ce n’est pas un langage, ce ne sont pas des paroles
Dont le son ne soit point entendu
Leurs retentissements parcourent la terre
Leurs accents vont aux extrémités du monde. (Psaume 19.2-5)

Plusieurs verbes utilisés dans ce psaume évoquent la transmission d’une véritable connaissance, d’un message certes non verbal, mais bien réel. En hébreux, « raconter » insinue l’idée d’un décompte, « manifester » exprime l’idée d’une démonstration visible, « instruire » suggère l’idée d’une émission spontanée d’informations. Le dernier verset souligne même le caractère universel de ce message. Toute la terre est concernée, même les extrémités du monde sont informées.

On pourrait résumer ces quelques versets ainsi : Un message parlant de Dieu est accessible aux hommes de toute langue, de tout pays et de toute culture par la simple observation de la Nature.

Toutefois aujourd’hui nous entendons de moins en moins le langage de la Création parce que nous la fréquentons moins que nos aïeuls. Dans notre vie quotidienne la création de l’homme s’est peu à peu substituée à celle de Dieu. Avec l’essor des technologies, des villes, des infrastructures routières, ferroviaires de toutes natures, l’homme a développé un rapport de plus en plus indirect avec la Nature. Beaucoup parmi nous vivent en ville et voient plus souvent le plafond blanc mat de leur appartement que le ciel étoilé, la lumière artificielle de leur bureau que le soleil, le papier peint de leur maison que la végétation des arbres. L’eau ne descend pas des montagnes, mais sort du robinet, le poisson ne sort pas de la mer, mais du congélateur sous forme de parallélépipèdes panés prêts à cuire. Nous ne marchons plus à pied sur des chemins forestiers, mais nous circulons à 130 km/h sur des autoroutes dont nous connaissons mieux les virages que les paysages…

Cela, bien sûr, n’a pas que des inconvénients, mais nous perdons l’habitude de regarder la beauté de la Création et devenons de plus ne plus sourd au message qu’elle délivre sur son Auteur. Un œil que l’on prive de lumière pendant une trop longue période perd la faculté de voir, simplement par manque de stimulation des neurones correspondants. On pourrait se demander si l’athéisme moderne qui est un phénomène récent et propre aux pays développés n’est pas en partie lié à cet éloignement de la Nature !? Et les chrétiens ne sont probablement pas indemnes !

Un poète anglais a écrit :
La terre fourmille de petits coins de paradis
Chaque fourré est semblable à un buisson ardent brûlant de la présence même de Dieu
Mais seul, celui qui sait voir, ôte ses chaussures à cause de la sainteté du lieu,
Les autres s’assoient négligemment dessus ou bien se contentent de faire de la cueillette…

À propos Frédéric Sépari

Frédéric Sépari est pasteur de l'EEL de Lyon

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