Rien à déclarer ?

Blog : Rien à déclarer ?

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Oh si ! « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Marc 12:31). Cette parole connue, importante, elle m’embête.

Est-ce que, bien souvent, je ne vois pas plus les effets pervers de cette sollicitude ? Ne vaudrait-il pas mieux m’en abstenir pour mon bien (surtout) comme pour celui d’autrui ?

Ce commandement, mis à égalité avec l’amour pour Dieu par Jésus, j’ai la conviction de ne pas devoir le laisser de côté, et pourtant, trop souvent j’ai l’impression de m’en dédouaner.

Quand j’envoie un chèque pour creuser un puits à l’autre bout du monde… sans voir qu’en face de mon Église, les restos du cœur servent toujours plus de repas.

Quand je décide de partir en mission pour aider des enfants à l’autre bout du monde, sans voir les besoins criants juste sous mon nez.

On veut tous faire quelque chose d’extraordinaire, quelque chose d’épique. Bizarrement, nous avons tendance à penser que plus notre action est normale, moins elle est «spirituelle»… Ou alors, et c’est triste, on a parfaitement conscience qu’aimer notre « lointain » est bien plus facile qu’aimer notre prochain. Mon prochain, il est là. C’est cette rom’ qui rentre chez moi sans me demander mon avis parce que je lui ai ouvert ma porte une ou deux fois.

Il est là, et mon amour m’engage bien plus quand je le répands au pas de ma porte qu’à l’autre bout de la planète.  

Quelque soit notre situation, à l’étranger ou à la maison, notre ministère est inéluctablement local. Si vous faites les choses mentionnés plus haut, n’arrêtez surtout pas ! Mais posez-vous comme moi la question : « Si je ne répands pas l’amour de Dieu dans mon quartier, est-ce qu’il ne me manque pas la force de conviction nécessaire pour faire face aux désagréments d’un engagement quotidien plus radical ? »

À propos Jérémie Chamard

Jérémie Chamard est pasteur de l'EEL de Bouffémont.

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