Selma : un film hommage pour nous mettre en marche

SelmaSelma, c’est le nom de la ville à partir de laquelle Martin Luther King a organisé une longue marche, réprimée dans le sang, pour réclamer le droit de vote aux Noirs américains. Une page majeure de l’histoire de ce grand homme.

Disons le tout de suite, malgré la force du propos, je n’ai pas toujours été pleinement convaincu d’un point de vue cinématographique. Après une scène d’entrée choc, j’ai trouvé que le film peinait un peu à démarrer et que le récit souffrait aussi parfois de quelques longueurs. Mais cela ne devrait pas vous décourager de voir ce film, loin de là. Car il nous réserve quelques moments très forts, comme les différentes scènes de marche. Je pense notamment à celle qui a lieu juste après que des gens de tout le pays, y compris des Blancs, ont rejoint le mouvement et lorsqu’à l’initiative de Martin Luther King tout le monde se met à genou, en face des forces de police. Les discours du pasteur baptiste sont aussi des moments forts du film, grâce notamment à l’extraordinaire performance d’un David Oyelowo vraiment impressionnant. La dernière scène du film, avec le discours à Montgomery et l’évocation en parallèle des destins contrastés de différents personnages croisés dans le film est un beau moment d’émotion et clôt le film d’un bien belle manière.

Le choix d’avoir centré le scénario sur la marche de Selma me semble être plutôt un bonne idée, même si cela peut expliquer l’impression que le film peine un peu à démarrer : on prend l’histoire en route ! Mais cette option a le mérite de resserrer l’action sur quelques jours seulement tout en permettant d’évoquer les questions essentielles liées au combat de Martin Luther King : l’égalité des droits pour les Noirs, le racisme, la résistance non-violente… tout en évoquant aussi les tensions en coulisse, que ce soit dans le couple des King ou dans les débats internes quant à la façon d’envisager la lutte.

La réalisation est soignée mais un peu académique. Je n’ai pas non plus toujours été convaincu par les choix musicaux. Par contre, autour du formidable David Oyelowo, les seconds rôles sont très bons, avec une mention spéciale pour Tim Roth, vraiment génial dans le rôle du détestable gouverneur de l’Alabama.

En évoquant la lutte du grand homme qu’était Martin Luther King, Selma offre quelques échos pertinents à nos préoccupations actuelles. L’évocation du racisme effrayant des états du sud dans les années 60 devrait retentir aujourd’hui comme une sonnette d’alarme contre les tentations de certains discours extrémistes et nauséabonds. L’exemple d’une résistance non-violente, inspirée par l’esprit de l’Evangile, peut être vu comme un rempart à la fois contre les tyrannies et contre toutes formes de terrorisme et de violence.

A la suite de Martin Luther King, Selma nous invite à nous lever contre les injustices et pour l’égalité. Alors, en marche !

À propos Vincent Miéville

Vincent Miéville est pasteur de l’EEL de Toulouse et président de la commission synodale de l’UEEL.

2 plusieurs commentaires

  1. Vincent Miéville

    Merci ! Ca fait toujours plaisir de recevoir un compliment 😉 Si mes critiques de films vous intéressent, je les poste régulièrement sur mon blog : http://www.kerouvim.blogpot.fr !

  2. Merci et bravo Vincent Mieville: vous êtes un très bon et distingué critique (méconnu) de film !!

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