The Revenant: éprouvant, âpre, violent, mystique. Un grand film !

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Très grièvement blessé par un ours, Hugh Glass, un trappeur, est laissé sous la garde de deux de ses compagnons et son fils (qu’il a eu avec sa femme amérindienne, elle-même tuée par un soldat). Il sera finalement abandonné par ceux qui devaient veiller sur lui, laissé pour mort, après avoir assisté au meurtre de son fils par l’un de ses compagnons, Fitzgerald. Mais Glass refuse de mourir et il se lance, seul, sur la piste de ce dernier, hanté par les souvenirs de sa femme et de son fils décédés.

Regarder The Revenant, c’est vivre une expérience cinématographique intense tant le film est éprouvant, âpre, violent, fantomatique… mais également lyrique, onirique, métaphysique.

Éprouvant, le film l’est pour le spectateur, immergé dans l’épreuve traversée par Glass, si près de son visage buriné et de son corps couvert de plaies. Eprouvant aussi, sans doute, pour les acteurs, le film ayant été tourné en décors naturels, dans des conditions extrêmes. C’est criant de vérité. L’attaque de l’ours est une des scènes les plus impressionnantes qu’il m’a été donné de voir au cinéma. Violente. Au plus près de l’action. On sent presque l’haleine du grizzly sur notre visage. Le duel final, presque en miroir du combat avec l’ours, est aussi bestial et impressionnant.

Le film est aussi fantomatique et onirique. Glass est hanté par le souvenir de sa femme et de son fils, tous deux tués dans des circonstances dramatiques. Ce sont eux qui lui donnent la force de rester en vie. Ses rêves et ses hallucinations, dus également sans doute à ses multiples blessures, lui font retrouver ses deux êtres aimés dans des scènes oniriques d’une grande force. Je pense en particulier à une scène bouleversante dans une église en ruines au milieu de laquelle des arbres ont poussé.

Le film est enfin lyrique, notamment avec des plans sublimes sur une nature hostile mais d’une beauté à couper le souffle, filmée à la manière de Terrence Mallick. Dans ces plans lyriques comme dans les scènes de lutte, Alejandro Gonzalez Iñarritu prouve une nouvelle fois sa maîtrise absolue de la caméra, le tout baigné dans une lumière d’une grande subtilité et soutenu par une magnifique musique originale de Ryuichi Sakamoto (cordes, percussions et onde Martenot).

De plus, le film a définitivement aussi une dimension métaphysique et spirituelle. Parabole du combat de la vie, où l’homme est un loup (un ours ?) pour l’homme, où la force de l’amour surpasse celle de la mort. Un film où le personnage de Glass passe par un véritable chemin de résurrection : mort et enterré, trahi par ses frères, il sort de sa tombe vivant ! Dans la fameuse scène de l’église en ruines, on voit une fresque de la crucifixion où les souffrances du Christ rappellent celles du héros. Et puis il y a le questionnement sur la vengeance. Á qui appartient-elle ? Et qu’apporte-t-elle ? Des questions restent ouvertes, et le dernier plan du film, qui prend aux tripes, semble nous inviter à trouver les réponses à notre tour.

Enfin, il faut évidemment parler de la performance des acteurs, tous exceptionnels. Leonardo Di Caprio est immense et intense. Il habite le personnage avec une force et un investissement total. C’est très impressionnant. Tom Hardy est, lui aussi, absolument remarquable dans le rôle du « méchant » Fitzgerald.

The Revenant n’est pas qu’un grand film. C’est une expérience cinématographique intense et éprouvante dont on ressort un peu KO… mais hanté par des scènes marquantes, des images sublimes, et le regard de Leonardo Di Caprio.

À propos Vincent Miéville

Vincent Miéville est pasteur de l’EEL de Toulouse et président de la commission synodale de l’UEEL.

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