Un courage ordinaire (Esther 4.11-14)

queen-estherIl arrive que des personnes, en dépit de ce que leur dicte la raison, abandonnent confort et sécurité pour le salut de leurs semblables. La reine Esther, épouse juive du roi perse Assuérus est de cette trempe. A l’époque, Hamann, le conseiller du roi, ourdit l’anéantissement du peuple juif. Esther est pour son oncle Mardochée le dernier rempart humain de son peuple. Il envoie son serviteur la convaincre de plaider leur cause auprès du roi. Mais Esther est plus qu’hésitante. Voici sa première réponse, livre d’Esther, chapitre 4, versets 11 à 14 :
« Tous le monde dans le pays sait que quiconque se présente au roi dans la cour intérieure sans avoir été convoqué est mis à mort en vertu d’une loi, la même pour tous ; seul peut rester en vie celui à qui le roi tend son sceptre d’or. Or moi, voilà trente jours que je n’ai plus été invitée à venir chez le roi. » 
Mardochée fait alors répondre à Esther :
« Ne t’imagine pas que tu échapperas seule d’entre tous les Juifs parce que tu fais partie de la maison du roi. Si tu ne dis rien en cette occasion, le soulagement et la libération des Juifs surgiront d’un autre côté, alors que, toi et ta famille, vous disparaîtrez. D’ailleurs, qui sait si ce n’est pas pour une occasion comme celle-ci que tu es parvenue à la royauté ? » 
Esther poussée dans ses retranchements, répond alors :
« Va rassembler tous les Juifs qui se trouvent à Suse. Jeûnez pour moi, sans manger ni boire, ni la nuit ni le jour, pendant trois jours. Moi aussi je jeûnerai de même avec mes servantes. Sur quoi j’irai chez le roi, malgré la loi. Si je dois disparaître, je disparaîtrai ! »

Esther reconnait sa faiblesse, pèse l’enjeu et choisit de remettre toute l’opération entre les mains de Dieu. Finalement, le roi recevra Esther et les Juifs seront préservés. L’histoire du courage d’Esther a traversé les siècles.

Aujourd’hui, Dieu nous appelle encore à des actes de bravoure « ordinaires » tous les jours de notre vie. Que ce soit de tenir bon pour quelqu’un d’autre, ou d’avoir le courage d’assumer ce que nous croyons, … ou de chercher la force de nous relever quand les circonstances nous écrasent. Cependant, le vrai courage, ce courage qui peut changer un monde, et à coup sûr notre monde intérieur, consistera souvent à reconnaître notre faiblesse, nous vider de nos peurs et de nos discours raisonnable pour nous laisser remplir de la confiance, un autre mot pour dire la foi.
Croire, espérer, aimer en toute circonstances demandent du courage. Et un choix courageux commence par le renoncement à soi-même et s’enveloppe de la confiance en Dieu.

L’auteur

Thierry Bulant est pasteur de l’EEL d’Avignon

À propos Thierry Bulant

Thierry Bulant est pasteur de l'EEL d'Avignon

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