Une vertu bien utile !

Patience« Quant au fruit de l’Esprit, c’est : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi; aucune loi n’est contre de telles choses. » Galates 5:22-23

Combien d’entre nous ne souhaiterions-nous pas avoir reçu la patience comme un cadeau des fées se penchant sur notre berceau ? Cela nous permettrait de rester zen lorsque notre train est très en retard, lorsque la préposée derrière son guichet bavarde avec sa copine sans se soucier de nous, ou lorsqu’une fois de plus un ami nous a fait rater la séance de cinéma parce qu’il s’y est pris à la dernière minute !!

Il est probable que la patience soit plus facile à vivre pour certains que pour d’autres. Les tempéraments varient, et une nature placide ou portée à la nonchalance s’y prêtera davantage. Mais si l’apôtre Paul la cite comme expression du fruit de l’Esprit, c’est bien parce que nous la devons avant tout à l’action de Dieu dans notre vie quand nous acceptons qu’il nous régénère par la vie de Jésus-Christ en nous.

…Mais si l’apôtre Paul la cite comme expression du fruit de l’Esprit, c’est bien parce que nous la devons avant tout à l’action de Dieu dans notre vie…

La patience, nous dit le dictionnaire, c’est savoir souffrir sans révolte ou colère ; c’est persévérer sans se laisser abattre par le découragement ; c’est savoir attendre ce qui tarde. C’est tellement contre nature, que nous ne pouvons y voir qu’une marque de perfection, indissociable des autres manifestations de l’Esprit citées en Galates. Or le modèle de la perfection, c’est Dieu lui-même : « Vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5:48).

Dieu est long de narines !

Tel est en hébreu le sens littéral du terme révélant la patience de Dieu dans de nombreux textes bibliques ; on le traduit généralement par « lent à la colère ». Le peuple d’Israël apprend à le connaître, selon le témoignage de Moïse (Ex 34:6), comme « compatissant et clément, patient et grand par la fidélité et la loyauté ». L’apôtre Pierre nous rappelle sa patience déjà au temps de Noé (1 P 3:20), et en fait une marque de sa miséricorde (« Le Seigneur ne retarde pas l’accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le pensent. Il est patient envers vous : il ne souhaite pas que quelqu’un se perde, mais que tous accèdent à un changement radical. ») ainsi qu’un garant de notre salut (2 P 3:9, 15). Cette patience de Dieu s’incarne dans son projet tout entier envers l’humanité, puisqu’il n’a pas renoncé à créer l’homme malgré la menace du mal, et puisque le Christ présidait déjà à cette création en vue de venir s’y incarner « lorsque les temps seraient accomplis » pour nous sauver (Ep 1:3-6) !

Sa patience n’est ni résignation, car elle tend à un résultat (« que tous les hommes soient sauvés » 1 Tm 2:4), ni passivité, car son amour le fait intervenir en notre faveur de tout temps. La parabole du figuier dans la vigne (Lc 13:6-9) illustre bien cette longanimité, constance (autres termes équivalents) à laquelle nous sommes exhortés.

Les bienfaits de la patience

Outre le fait qu’elle nous met à l’abri du stress, de l’hypertension, voire d’un ulcère d’estomac, la patience nous garde de ses contraires : l’impatience, le découragement, l’impulsivité souvent déraisonnable.

Or la racine de l’impatience, c’est l’égoïsme et l’esprit de jugement qui nous rendent incapables de supporter même nos frères et sœurs car, finalement, nous nous jugeons supérieurs à eux. Au contraire, comme le dit 1 Co 13:4 « l’amour est patient ».

C’est en nous ouvrant à l’action intérieure de son Esprit que nous grandirons à l’image du Christ, le Fils parfait, qui a été patient jusque sous l’outrage.

Le découragement nous fera perdre pied si nous perdons patience. Nous trouvons peut-être difficile de tolérer le mal autour de nous, et voudrions que le Seigneur revienne dès aujourd’hui. Et notre foi flanche, le doute s’insinue… Mais le Seigneur veut nous associer à son dessein, notre mission n’est pas achevée, il a préparé de bonnes œuvres pour nous à son service (Jc 5:7-11).

Quant à l’impulsivité, elle débouche plus souvent sur l’irritation et l’agressivité que la joyeuse amitié ! Le sage dans Proverbes dit « celui qui est patient est grand par l’intelligence ; celui qui s’emporte vite proclame son imbécillité » (14:29) ; et encore « celui qui est patient apaise les querelles » (15:18).

Si nous laissons l’Esprit du Seigneur produire en nous cette vertu, elle nous équipera pour être les serviteurs que Dieu attend que nous soyons au milieu des hommes nos frères, dans notre entourage immédiat déjà, dans notre Église, mais aussi partout où nous nous trouverons, ambassadeurs du Dieu d’amour.

Les fondements de la patience

Le terreau sur lequel cette qualité pourra se développer se nomme confiance et espérance. Si nous faisons confiance à notre Dieu en toute circonstance, alors nous pourrons supporter l’attente, l’irritation, et apprendrons à prendre le recul nécessaire pour laisser place à l’amour et la compréhension. Si notre espérance vise au-delà du moment présent et irrigue nos engagements, nous saurons patienter jusqu’à l’avènement du Royaume où toutes nos attentes seront satisfaites. C’est donc dans une relation intime et vivante avec Dieu que nous trouverons la force de témoigner de cette patience. C’est en nous ouvrant à l’action intérieure de son Esprit que nous grandirons à l’image du Christ, le Fils parfait, qui a été patient jusque sous l’outrage.

Et ne nous en faisons pas ! Dieu nous montrera qu’il nous aime en permettant que les épreuves que nous traverserons ne soient pas vides de sens, mais nous entraînent à la patience…

Retrouvez les autres études de cette série:

Introduction

L’amour

la joie

La paix

Auteur :

Mireille Boissonnat, membre de l’EEL de Paris-Alésia

À propos Mireille Boissonnat

Mireille Boissonnat est membre de l’EEL de Paris-Alésia.

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