Une vie victorieuse ici-bas ?

Victoire« Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver… » (1 Pierre 4.12)

Les chrétiens auxquels Pierre s’adresse ici trouvaient très étrange que leur vie soit encore marquée par tant d’épreuves, de difficultés, d’oppositions et de souffrances. Ils avaient espéré que leur conversion leur ouvrirait une vie meilleure, une vie abondante, à la fois prospère et joyeuse, et voilà que leur quotidien est encore entaché par de multiples afflictions, au point que Pierre parle de « fournaise ». Que s’est-il donc passé ? Ont-ils commis des péchés sans le savoir ? Ont-il manqué de foi ?

Pierre s’emploie à les rassurer. Non, dit-il, ne soyez pas surpris, vos épreuves sont le lot de la plupart des chrétiens, car nous attendons tous encore le retour en gloire du Seigneur. Nous sommes dans un temps intermédiaire, le temps de la patience (2Pi 3.15), une période où Dieu maintient pour quelque temps encore le fonctionnement anormal de ce monde afin que l’Evangile puisse être prêché à toutes les nations. Ce temps est aussi une occasion donnée aux chrétiens de grandir en maturité et de montrer leur persévérance et leur fidélité (1 Pi 1.7, Ro 5.3). Non, ce temps intermédiaire, entre la première venue du Seigneur et son retour, n’est pas nécessairement une période où tout doit nous réussir : argent, santé, relations épanouies… Il y a certes une victoire qui nous a déjà été acquise en Christ, mais elle n’est pas de nature physique et matérielle… pas encore ! 

Nous sommes aujourd’hui dans un temps intermédiaire comparable à celui vécu par les Israélites lorsqu’ils marchaient dans le désert. Ils étaient déjà le peuple de Dieu, déjà libéré de l’emprise de Pharaon grâce à Moïse, déjà « baptisés » par la traversée de la mer rouge, déjà conduits nuit et jour par la nuée, et pourtant… ils n’avaient pas encore atteint la terre promise ! Ils ont même connu dans ce lieu hostile : la faim, la soif, la fatigue, la maladie, les combats, soit à cause de leurs fautes, soit parce que Dieu avait permis qu’il en soit ainsi. La traversée du désert n’était pas le plein accomplissement de la promesse.

Aujourd’hui nous marchons dans le désert du monde, la délivrance pleine et entière ne nous a pas encore été accordée, mais elle est au bout du chemin. La promesse est aussi sûre que celle faite à Israël à propos de la terre promise. Plus sûre même, car Jésus est plus grand que Moïse et Josué réunis ! Par notre foi en Christ, nous sommes déjà le peuple de Dieu, déjà libéré de l’esclavage du péché, déjà conduit par l’Esprit… mais voilà nous ne sommes pas encore arrivés dans le royaume, pas encore arrivés dans la Jérusalem céleste où toute larme sera enfin essuyée. Certainement, nous connaîtrons ici bas encore des difficultés, des souffrances, des maladies et des combats, et par la grâce de Dieu, nous recevrons aussi de Lui la force de les surmonter. Toutefois, jusqu’au retour du Seigneur, il y aura toujours dans notre vie ce mélange de « déjà » et de « pas encore ». Ne perdons pas courage, la promesse est certaine : Jésus vient bientôt ! Et ce jour là, nous pourrons vraiment dire avec lui : tout est accompli !

À propos Frédéric Sépari

Frédéric Sépari est pasteur de l'EEL de Lyon

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