Walking Dead est de retour !

preparez-vous-a-l-episode-le-plus-fou-deDimanche soir, c’était la reprise de la série « The Walking Dead » (Hier soir en France, sur OCS choc) et le magazine chrétien américain Relevant Magazine a consacré à la série la plus regardée au monde un article s’intitulant « The walking dead’is the modern day parable we need ».

Quoi ?! Comment ?! S’est indigné la toile bien pensante (sans doute sans même avoir lu l’article). Qu’est-ce qu’un chrétien pourrait bien tirer d’une telle série ? Tellement de violence, tellement de morts…

Pourtant, je suis assez d’accord avec l’auteur de cet article. Pourquoi ?

« The Walking Dead », une parabole pour aujourd’hui?

Parce que l’art à toujours eu pour vocation (entres autres) de matérialiser les sentiments et les peurs d’une époque. C’est d’ailleurs ce qui sous-tend toute la littérature ou tout le cinéma « zombie-esque » : la vision d’une civilisation fragile en face de périls sans précédent…

Parce que l’expérience de la vie nous apprend vite une chose avec certitude : un jour nous allons mourir. Et cette question de la mort et de notre finitude nous touche tous à un moment où un autre de notre existence, et c’est sans doute pour cela que réside toujours dans un coin de notre esprit cette pensée que tout pourrait bien s’arrêter demain… c’est en tout cas certainement la pensée qui occupe l’esprit de Rick, Daryl ou Michonne dès qu’ils ouvrent les yeux.

la mort est à la fois un phénomène universel et un phénomène particulier, interprété et vécu différemment selon les cultures et les mentalités, selon les époques et les pays, selon les individus et les circonstances.

Parce que la mort est à la fois un phénomène universel et un phénomène particulier, interprété et vécu différemment selon les cultures et les mentalités, selon les époques et les pays, selon les individus et les circonstances. Elle est non seulement un phénomène collectif, étroitement lié à la survie ou à l’évolution d’une société ou d’une espèce, mais elle est aussi capable de menacer l’avenir d’une espèce toute entière : est-elle alors génératrice de solidarité ou révélatrice d’une nature humaine implacable, et finalement bien plus dure et cruelle que la mort elle-même ?

N’est-ce pas là le message de tous les films et de toutes les bandes dessinées de « zombies » ? C’est assurément un des messages de « The Walking Dead ».

Toute vie est précieuse

Il est frappant de remarquer que malgré toutes les épreuves, toutes les déceptions auxquelles nos héros font face dès qu’il s’agit d’interagir avec d’autres humains, la vie humaine est encore une de leurs préoccupations : elle n’est pas galvaudée, « toute vie est précieuse » comme dirait Morgan.

Et Dieu dans tout ça ? C’est là encore surprenant, on pourrait penser qu’un tel show aurait pour seule morale : « Dieu nous a abandonnés ». C’est ce que pensent d’ailleurs certains des protagonistes mais là encore, il serait trop facile de nous dédouaner des questions que nous posent la série à travers notamment le personnage du Père Gabriel : un bien piètre croyant qui pourtant répond, dans l’épisode d’hier soir (9 saison 6), à un paroissien lui demandant de ne pas aider les autres à se débarrasser d’une horde de zombies: « On a prié, tous ensemble, pour que Dieu sauve notre ville. Nos prières ont été entendues. Dieu va sauver Alexandria en nous donnant le courage de la sauver nous-mêmes. »

« toute vie est précieuse »

Même dans les conditions les plus noires, Dieu n’est jamais évacué. Et finalement, c’est assez normal. Robert Kirkman, avec tout le génie qui est le sien reste un humain et l’humanité a toujours regardé la mort, comme le signe et la promesse d’autre chose, d’une autre vie.

Peut-on voir plus loin?

Alors parabole ? Kirkman comme d’autres créateurs seraient-ils tentés de transmettre un message ? En tout cas, c’est une pression qu’on aime mettre aux grands auteurs de la pop culture d’aujourd’hui.

Crise des réfugiés, crise financière, crise institutionnelle, crise morale, perte de repères… Tout cela conduit de plus en plus de gens à penser que demain, tout pourrait s’écrouler. D’autres en rêvent… et ça m’inquiète tout autant.

Kirkman a-t-il vraiment ce genre de préoccupations ? Voulait-il simplement écrire une histoire que beaucoup aurait qualifiée de série B et qui a vu sa popularité exploser ? Wait and see. Il est permis d’espérer…

« The walking dead, la parabole dont le monde a besoin aujourd’hui ». Le titre est un peu fort, je le concède. Mais pourquoi pas après tout ?

Crise des réfugiés, crise financière, crise institutionnelle, crise morale, perte de repères… Tout cela conduit de plus en plus de gens à penser que demain, tout pourrait s’écrouler. D’autres en rêvent… et ça m’inquiète tout autant.

Eric Vanvalin dans Relevant termine en disant : « Peut-être que la voie à suivre pour The Walking Dead est la voie à suivre pour nous tous. Pour survivre dans un monde où la menace est constante, il nous faut aller au-delà de notre tribalisme et interagir avec les autres comme Jésus nous le demande dans ce qu’il définit comme le deuxième plus grand commandement « aimer son prochain comme soi-même. Rick et toute sa bande n’ont pas vraiment d’expérience dans ce domaine, mais là encore, nous non plus. »

Une série, un livre, une chanson ça fait réfléchir et je crois qu’on trouve dans « The Walking Dead » matière à réfléchir (si la série est votre style, sinon, y’en a plein d’autres) : La mort n’est pas la source de notre culture, elle n’est pas ce qui motive notre vie. Notre vie c’est de glorifier Christ.

Alors oui, j’entends votre remarque : Mais comment un chrétien peut-il glorifier Christ en regardant de telles choses ?

Peut être en apprenant déjà à pardonner comme les protagonistes de la série le font pour pouvoir vivre ensemble… simplement.

À propos Jérémie Chamard

Jérémie Chamard est pasteur de l'EEL de Bouffémont.

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